MIBA : grogne des travailleurs contestant les 3 millions USD décaissés par le Gouvernement pour couvrir les arriérés
Une nouvelle tension secoue la Société Minière de Bakwanga MIBA en sigle. Le point crucial reste le décaissement d’une enveloppe de 3 millions de dollars débloquée par le gouvernement congolais pour apurer une partie des arriérés de salaires, une mesure qui est loin d’apaiser les esprits des agents.
Pour les travailleurs, ce paiement est largement insuffisant face à l’ampleur de la dette salariale accumulée depuis plusieurs années. À Mbuji-Mayi, fief historique de la société, de nombreux agents dénoncent : des arriérés de salaires prolongés, parfois sur plusieurs mois voire années. « Ce n’est pas une solution, c’est un pansement sur une plaie ouverte », confie un agent sous anonymat.
Créée en 1961, la MIBA fut pendant des décennies l’un des piliers de l’économie congolaise, spécialisée dans l’exploitation du diamant industriel, elle a longtemps : assuré une part importante des recettes publiques fait vivre des milliers de familles dans la région du Kasaï contribué au développement de la ville de Mbuji-Mayi.
À son apogée, la Société Minière de Bakwanga (MIBA) produisait plusieurs millions de carats par an, faisant de la République Démocratique du Congo (RDC) un acteur majeur du marché mondial du diamant.
Depuis les années 2000, la situation de l’entreprise s’est fortement dégradée. Plusieurs facteurs expliquent cette chute : mauvaise gouvernance et gestion opaque ingérences politiques répétées manque d’investissements dans les équipements, vieillissement des infrastructures minières et la baisse progressive de la production. À cela s’ajoutent des dettes importantes et une incapacité chronique à assurer le paiement régulier des salaires.
Les tensions observées ce jour ne sont pas nouvelles. La MIBA est régulièrement secouée par : des mouvements de grève des manifestations d’agents des interruptions de production. Cette instabilité fragilise encore davantage une entreprise déjà en difficulté, créant un cercle vicieux difficile à briser.
Au-delà d’un simple conflit salarial, la situation de la MIBA illustre les défis profonds du secteur minier congolais. La survie de cette entreprise historique dépasse la question des salaires : elle touche à l’avenir économique d’une région entière.
Nadège Kamulangu
