Gestion du Kongo Central : le Gouverneur au centre d’un examen judiciaire après un rapport de l’IGF
La gestion des affaires publiques de la province du Kongo Central, placée sous l’autorité du gouverneur, fait désormais l’objet d’un examen judiciaire à la suite d’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF).
Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngea Atondoko Andali, a en effet instruit le Procureur général près la Cour de cassation d’analyser, conformément à la loi, les faits relevés lors de cette mission de contrôle.
Le rapport de l’IGF couvre la période de janvier à décembre 2025 et s’intéresse à l’ensemble de la chaîne de gestion provinciale. Il concerne notamment le Gouvernement provincial conduit par le gouverneur, l’Assemblée provinciale, la Direction des recettes du Kongo Central, les Entités territoriales décentralisées (ETD), ainsi que plusieurs redevables publics opérant dans la province.
Selon le communiqué du Ministère de la Justice, les investigations de l’IGF ont mis en évidence des faits susceptibles de qualification pénale, notamment des allégations de détournement des deniers publics, de concussion et d’autres irrégularités financières. Ces faits, qui touchent à la gestion des ressources publiques provinciales, relèvent désormais de l’appréciation exclusive des autorités judiciaires compétentes.
L’injonction du Ministre d’État ouvre ainsi une phase judiciaire qui pourrait permettre d’établir, le cas échéant, les responsabilités pénales individuelles dans la gestion du Kongo Central. À ce stade, aucune mise en cause formelle n’a été annoncée, l’examen judiciaire visant d’abord à vérifier la matérialité des faits et leur qualification juridique.
Le Ministre de la Justice a toutefois rappelé que toutes les personnes concernées, y compris les autorités provinciales, bénéficient pleinement de la présomption d’innocence. Il a également réaffirmé l’engagement du Gouvernement de la République à faire respecter la loi, les procédures en vigueur et les principes de l’État de droit, dans un contexte où la lutte contre la mauvaise gouvernance demeure une priorité affichée.
Cette affaire remet ainsi au premier plan la question de la redevabilité des exécutifs provinciaux, en particulier celle du gouverneur, principal ordonnateur de la gestion provinciale. L’évolution du dossier dépendra désormais des conclusions des autorités judiciaires, appelées à statuer en toute indépendance.
