RDC : « Refuser le débat constitutionnel est une dictature intellectuelle »[Jean-Thierry Monsenepwo]

Le débat autour du changement ou révision de la Constitution continu à faire couler beaucoup d’encre et de salive en République démocratique du Congo, raison pour laquelle l’acteur politique majeur de l’Union Sacrée de la Nation et Mandataire public à savoir JEAN-THIERRY MONSENEPWO, a décidé de donner sa position par l’entremise d’une vidéo.

Pour ce dernier, interroger la loi fondamentale de 2006 n’est pas une distraction politique, mais plutôt une nécessité démocratique pour adapter les institutions aux ambitions actuelles de la nation.

« Une Constitution n’est pas un simple texte juridique. C’est le pacte fondamental par lequel un peuple organise son destin. », A déclaré Jean Thierry Monsenepwo au dans une vidéo qui circule dans les réseaux sociaux.

Ce haut cadre de l’Union Sacrée de la Nation a tenu à recadrer le débat qui agite actuellement la classe politique et la société civile congolaise. Il précise en disant que, refuser de discuter de la Constitution reviendrait à instaurer une « dictature intellectuelle », incompatible avec les valeurs républicaines.

Jean Thierry Monsenepwo reconnaît volontiers le rôle historique de la Constitution du 18 février 2006. Née au lendemain de conflits dévastateurs, elle a été l’outil essentiel de la pacification du pays et du rétablissement de l’autorité de l’État. Cependant, il souligne que ce texte a été conçu dans l’urgence pour stabiliser une nation meurtrie.

20 ans plus tard, le contexte a changé, la question n’est plus seulement de ne pas faire la guerre, mais de construire l’avenir, à en croire le PCA de COBIL SA.

« Ce cadre institutionnel correspond-il encore pleinement aux ambitions de la République Démocratique du Congo ? », s’interroge-t-il, faisant référence aux réflexions lancées par le Chef de l’État à Kisangani et Kalemie.

Pour Jean Thierry Monsenepwo, une refonte constitutionnelle devrait s’appuyer sur trois exigences majeures qui, selon lui, ont fait défaut en 2006 :

  1. L’inclusivité réelle : Contrairement au processus de 2006, largement dominé par les élites politiques et les experts, une nouvelle mouture devrait impliquer toutes les forces vives de la nation.
  2. La participation citoyenne : le peuple doit pouvoir s’approprier le texte en le discutant dans ses propres langues, garantissant ainsi un véritable dialogue national.
  3. La projection sociale : Une constitution moderne doit graver dans le marbre les priorités sociales telles que la gratuité de la maternité, la couverture santé universelle et l’éducation.
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L’un des points d’achoppement du débat actuel reste la crainte d’une manœuvre politique visant des intérêts individuels. Sur ce point, l’Ambassadeur est catégorique : il faut cesser de personnaliser la question. L’enjeu dépasse les individus ; il s’agit de passer d’une « constitution de sortie de crise » à une « constitution du développement ».

Ainsi pour conclure, Thierry Monsenepwo appelle à une prise de conscience collective car selon lui, la force d’une loi fondamentale réside dans la capacité de chaque citoyen à s’y reconnaître. En posant la question : « Peut-on réellement dire cela de la Constitution de 2006 ? », il invite les Congolais à une introspection profonde sur l’outil juridique qui doit guider la RDC vers son émergence.

CHRISTIAN MUSUNGAYI

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