Culture et Art : ce qu’il faut savoir de l’Observatoire des Langues, «OBLA»(Carte postale)

L’observatoire des Langues qui est un service spécialisé du Ministère de la Culture, Arts et Patrimoines, organe conseil du Gouvernement de la République Démocratique du Congo en matière de politique linguistique du pays, a été créé par le Décret n° PM 0009/95 du 06 Avril 1995.

Conformément aux articles 7 du Décret précité et 43 de l’Arrêté Ministériel n°22/CAB/MCA/027/2001 du 24 janvier 2001 portant Règlement intérieur, les cadres et agents de l’Observatoire des Langues ont droit à une prime spécifique au regard de leur mission qui est à la fois scientifique et culturelle.

Sa mission est de:

  • Concevoir et proposer au Gouvernement une politique linguistique ;
  • Elaborer une planification et une règlementation pouvant permettre la réalisation de cette politique ;
  • Définir, coordonner, évaluer et contrôler toutes les opérations d’aménagement linguistique dans le cadre de cette politique ;
  • Assister l’administration publique et les privés en matière d’usage, de correction et d’enrichissement des langues ;
  • Mener auprès de la population des actions d’information, de promotion et de – sensibilisation à la politique linguistique du pays et aux questions des langues et de leur développement.

Au regard de cette mission, les recherches qui sont menées par lObservatoire des Langues portent sur l’aménagement, la planification, la réglementation, la coopération linguistique, la traduction… ; elles portent aussi sur des questions relatives å l’utilisation, aux contacts des langues, à la sauvegarde, à la protection et à leur promotion.

Par conséquent, pour 1Observatoire des Langues, les tâches ou actions initiales sont les suivantes :

  1. Pour le français :
  • Identification des causes de la baisse de la maîtrise par les Congolais de cette langue qui est pourtant une langue seconde en R.D.C. ;
  • Organisation de séminaires pour la mise à niveau des enseignants ;
  • Mise au point de méthodes d’enseignement du français courant en y incłuant certaines particularités congolaises ;
  • Elaboration de manuels tenant compte des utilisateurs (centres d’intérêt, thèmes, …).

2. Pour les langues nationales :

Le nombre des langues nationales est déterminé par la Constitution de l’Etat congolais.

Le problème crucial qui se pose est celui de la norme ou variante à prendre comme norme. Car après 40 ans d’abandon de l’enseignement des langues congolaises, les variétés se sont multipliées et il se pose le problème de la norme.

  1. Il faudra donc en premier lieu faire le chotx d une variante à prendre comme norme ou Hablir une norme en vue d’homogénéiser les langues dans les différentes aires linguistiques de l’espace congolais.
  2. La deuxième étape sera celle de la standardisation : diverses actions concernant I’orthographe, la morphosyntaxe, le lexique des langues, …; élaboration des manuels d’enseignement et d’apprentissage pour les différents niveaux (primaire, secondaire, supérieur ou universitaire), pour l’alphabétisation. Déjà à cette étape, il faudra mener des actions de sensibilisation (réunions ou séminaires, émissions radiotélévisées, bulletins) en direction des enseignants, journalistes, hommes politiques, écrivains, prédicateurs, chanteurs, ONG, organismes internationaux, etc.)
  3. La troisième étape sera celle de l’évaluation de l’action menée.
  4. La quatrième étape consistera dans le développement ou promotion de la norme choisie (cf. Infra).

3. Pour l’anglais :

  • Rechercher les mécanismes conduisant à l’introduction de l’anglais dans la société congolaise et à sa vulgarisation au sein de nos populations. C’est l’anglais en tant que langue de communication qui sera privilégié pour assurer la mobilité du Congolais ;
  • Création d’écoles de langues à charge de l’Etat congolais, avec des outils pédagogiques appropriés pour son assimilation aisée ;
  • Recours à l’enseignement audio-visuel (radio, TV).

4. Pour les langues locales :

  • Mener des enquêtes linguistiques préalables de manière à déterminer le nombre exact des langues locales. Réaliser aussi des études dialectologiques en vue de dresser un atlas linguistique aussi précis que complet des parlers congolais.
  • Décrire les langues locales et les mettre sur des supports fixes.
  • Les aider à se maintenir comme patrimoine culturel immatériel tout en assurant leur fonction essentielle d’instrument de communication, d’identification et de facteur d’unification pour les groupes linguistiques qui les utiisent.
  • De manière générale, veiller à assurer la promotion des langues locales en aidant les locuteurs à maîtriser le système d’écriture en vue de la traduction (d’euvres de littérature diverses, …), de la récolte des textes de littérature oraleet des différents récits à caractère culturel.

Pour les langues locales d’une certaine importance et/ou qui sont déjà écrites comme l’otetela, le kiyaka, le kiluba, le lomongo, etc., aider leurs locuteurs à s’ouvrir aux langues nationales de leur zone linguistique afin d’assurer leur intégration culturelle au sein de la nation congolaise.

Point focal de l’ACALAN (Acaděmie Africaine des Langues), l’Observatoire des Langues effectue des travaux de recherche pour I’élaboration des manuels didactiques sur les langues locales et s’investit davantage dans le programme des langues maternelles pour l’éducation en appui au projet ELAN (Ecole et Langues africaines) du Ministère de l’EPST.

Avec son outil de vulgarisation, à savoir la Revue «Langues et Cultures Congolaises >», l’Observatoire des Langues approfondit les réflexions sur nos langues dont certaines sont menacées de disparition, et sur nos cultures qui sont à revaloriser.

Source : Service archive OBLA

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