Migrants latino-américains expulsés des États-Unis, transférés en RDC : Quelle est la stratégie de l’administration Trump ?(Analyse)
Les migrants latino-américains expulsés des États-Unis d’Amérique ont été transférés le vendredi 17 avril dernier à Kinshasa (République démocratique du Congo). Leur arrivée de manière discrète dans la capitale congolaise, a immédiatement suscité la polémique au sein de la classe politique.
Quinze (15) personnes – sept femmes et huit hommes – ont atterri dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril à l’aéroport de Ndjili. Originaires du Pérou, de l’Équateur et de la Colombie, elles étaient détenues depuis une durée indéterminée dans un « centre migratoire d’Alexandria (Virginie) », avant d’être expulsées par les services de l’immigration américaine (ICE).
L’exécutif central de la RDC avait indiqué dans son communiqué publié le même jour, que leur accueil, leur encadrement et leur prise en charge s’effectuent sur financement du Gouvernement américain, dans des conditions conformes aux exigences de sécurité, aux règles administratives en vigueur et aux standards reconnus en matière de gestion ordonnée des mouvements de personnes.
À ce sujet, l’opinion se pose la question de savoir quelle est la stratégie de l’administration Trump ?
Derrière ce type d’accord, l’administration Trump poursuit un objectif clair : accélérer les expulsions d’étrangers en situation irrégulière en les envoyant vers des pays tiers, avant un éventuel rapatriement vers leur pays d’origine. Cette politique d’externalisation marque un tournant, en déléguant de facto à d’autres États la gestion de la suite de leur parcours migratoire.
Pour l’ONG Human Rights Watch basée à Washington, cette stratégie répond à une logique dissuasive : elle permettrait d’instaurer un climat de peur parmi les immigrés aux États-Unis en jouant sur les stéréotypes négatifs associés aux pays africains », afin d’encourager les départs dits « volontaires ».
Selon un rapport de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, au moins 300 migrants ont déjà été expulsés vers des pays tiers pour un coût d’au moins 40 millions de dollars (34 millions d’euros), un montant que les auteurs du rapport jugent toutefois sous-estimé, le coût total restant « inconnu ».
Les ministères des Affaires étrangères péruvien et équatorien affirment que certains de leurs ressortissants ont eux-mêmes demandé à être transférés vers la République démocratique du Congo plutôt que de retourner dans leur pays d’origine, alors que leurs recours judiciaires sont encore en cours aux États-Unis.
Ce premier groupe pourrait être suivi d’autres arrivées, au rythme d’une cinquantaine de personnes par mois environ. Plus de 30 personnes étaient initialement attendues dans la semaine, mais des décisions de juges fédéraux américains ont suspendu plusieurs expulsions à la dernière minute.
Pour sa part, le Gouvernement congolais tient à rappeler que ce dispositif d’accueil revêt un caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps. Il ne constitue ni un mécanisme d’installation durable sur le territoire national, ni une relocalisation permanente.
BLAISE BAYOMBO
