Sud-Ubangi : Le gouverneur Michée Mobonga conteste l’injonction du vice‑premier ministre de l’intérieur Jacquemain Shabani
Le gouverneur de la province du Sud-Ubangi, Michée Mobonga, a formellement rejeté l’injonction du vice‑premier ministre chargé de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières JACQUEMAIN SHABANI LUKOO, qui lui avait demandé depuis le 21 février de confier l’intérim au vice‑gouverneur de cette contrée, jusqu’à la fin de la procédure judiciaire le concernant.
Dans une déclaration faite le 23 février 2026, Michée Mobonga affirme ne faire l’objet « d’aucune action judiciaire » ni du parquet près la Cour de cassation ni de la Cour elle‑même, tout en se disant être surpris par l’évocation d’un dossier inexistant et exige le retrait immédiat dudit message. Selon ses détracteurs, cette prise de position d’acte de rébellion et de défi à l’autorité centrale.
Sur le plan juridique, la situation est claire : la mise en accusation d’un membre du gouvernement entraîne automatiquement sa démission si celle-ci n’est pas présentée dans les 48 heures, conformément à l’article 80, alinéa 2, de la loi organique n°13/10 du 19 février 2013. L’Assemblée provinciale avait transmis l’acte de mise en accusation au procureur général près la Cour de cassation le 2 janvier 2026.
Des juristes contactés à ce sujet soulignent que la contestation écrite de Michée Mobonga, ne suspend pas cet effet de droit : à défaut de démission dans le délai légal, le gouverneur est réputé démissionnaire et l’intérim revient automatiquement au vice‑gouverneur.
Il revient désormais au vice‑premier ministre et au parquet près la Cour de cassation de constater officiellement la démission de plein droit et d’organiser la passation de pouvoir, afin de garantir la continuité de l’administration provinciale.
Nadège Kamulangu
