Promesses de Félix Tshisekedi aux Léopards : l’opposant Rodrigue Ramazani dénonce une « faute budgétaire »
Quelques heures seulement après les annonces faites par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur des Léopards de la République démocratique du Congo, ce dimanche 05 Avril à l’esplanade du palais du peuple, l’acteur politique Rodrigue Ramazani n’a pas tardé.
Le secrétaire général du parti politique ‘’ENVOL’’, Rodrigue Ramazani, a vivement critiqué ces engagements, ouvrant un nouveau front dans le débat sur la gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo.
Sur son compte officiel X, ce cadre de l’opposition s’est montré particulièrement sévère : « Faire le généreux envers les Léopards avec l’argent du contribuable n’est pas un exploit, c’est une faute », a-t-il écrit, remettant en cause la pertinence des promesses présidentielles, notamment l’octroi de maisons et de véhicules aux joueurs.
Dans son argumentaire, il établit un contraste entre ces annonces et les difficultés auxquelles font face certaines institutions publiques.
« Pendant que des services publics essentiels, notamment l’Institut Géographique du Congo, manquent de bureaux pour fonctionner, le Président de la République promet des maisons et des véhicules distribués à la tête du client », a-t-il dénoncé, martelant ainsi ce qu’il considère comme un déséquilibre dans les priorités de l’État.
L’Institut Géographique du Congo est ainsi cité comme illustration d’un secteur public en manque de moyens, malgré les dépenses engagées ailleurs.
Rodrigue Ramazani s’appuie également sur des données budgétaires pour renforcer sa critique.
« À fin mars 2026 : 2 599,8 milliards CDF dépensés contre seulement 1 605,2 milliards CDF mobilisés », a-t-il affirmé, estimant que ce déséquilibre reflète une dérive préoccupante des finances publiques.
Dans le même ordre d’idée, ce dernier évoque les difficultés sociales persistantes : « Pendant ce temps, les fonctionnaires peinent à percevoir leurs salaires. Voilà un État qui vit au-dessus de ses moyens », a-t-il poursuivi.
Allant plus loin, le responsable politique accuse directement le régime en place : « Ce régime n’a aucune discipline budgétaire, aucune rigueur dans la gestion des finances publiques », avant de conclure en des termes particulièrement durs : « Vous avez là l’exemple même d’une délinquance financière».
Cette sortie intervient dans un contexte où les gestes en faveur des Les Léopards sont souvent perçus par le pouvoir comme un levier de reconnaissance nationale et de cohésion. Mais pour une partie de l’opposition, ces dépenses interrogent la hiérarchisation des priorités dans un pays confronté à des défis économiques majeurs.
Au-delà de la polémique, cette controverse relance un débat de fond, celui de savoir comment concilier soutien aux sports nationaux et exigence de rigueur dans la gestion des ressources publiques. Une équation délicate, au cœur des attentes citoyennes.
Nadège Kamulangu
