La RDC et la Chine s’engagent à renforcer la stratégique de la Coopération Judiciaire et Institutionnelle
Guillaume Ngefa Atondoko Andali, Ministre d’État, chargé de la Justice et Garde des Sceaux en République démocratique du Congo (RDC), a entamé depuis le début de cette semaine une série de rencontres de haut niveau à Pékin (Chine) dans l’optique de jeter les bases d’un partenariat approfondi dans le domaine de la justice entre Kinshasa et son premier partenaire commercial.
Le Ministre de la justice qui était, le mardi dernier au Parquet populaire suprême par le vice-procureur général Tong Jianming, a souligné le tournant que prend la relation bilatérale entre ces deux pays, vieille de plus de cinquante ans. Si la coopération a longtemps été dominée par les secteurs minier et agricole, le domaine juridique est désormais présenté par Kinshasa comme la « clé » de la pérennité de ces échanges, dans le respect mutuel de la souveraineté.
Les discussions de cette mission portent sur l’entraide judiciaire pénale, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’éradication de la corruption. Pour le gouvernement congolais, l’enjeu est double : assainir le climat des affaires pour sécuriser les investissements chinois et moderniser son propre appareil judiciaire.
Le ministre de la justice a notamment exprimé l’intérêt de la République démocratique du Congo pour l’expertise chinoise en matière de numérisation des procédures. Cette démarche accompagne les réformes en cours à Kinshasa, marquées par la création récente d’un tribunal et d’un parquet économique et financier, ainsi que l’examen prochain de projets de loi sur les conflits d’intérêts.
Par la suite, Guillaume Ngefa s’est entretenu avec le président de l’Association nationale des avocats de Chine, Gao Zicheng. Ce dernier a plaidé pour un rapprochement des barreaux des deux nations afin de mieux accompagner les entreprises dans leurs contentieux. Avec 830 000 avocats et 45 000 cabinets, le système chinois constitue un modèle de massification et de digitalisation dont la RDC souhaite s’inspirer.
À noter que le séjour du Garde des Sceaux en Chine, vise également à initier des consultations pour la conclusion de traités d’extradition. En l’absence actuelle d’accords formels, les deux parties s’appuient sur le principe de « courtoisie judiciaire », notamment pour le recouvrement des avoirs illicites.
BLAISE BAYOMBO
