81e AG de l’ONU : Judith Suminwa réclame la fin du « deux poids, deux mesures » et l’exécution des décisions sur la RDC

À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, mercredi 23 septembre à New York, la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, a porté un plaidoyer axé sur l’application du droit international, la mise en œuvre des décisions du Conseil de sécurité et une réforme du système multilatéral. Représentant le président Félix-Antoine Tshisekedi, elle a notamment dénoncé les traitements différenciés face aux crises internationales, avec une attention particulière à la guerre dans l’Est de la RDC.

« La confiance de nos peuples dans le multilatéralisme commence là où cesse l’application d’un droit variant selon la géographie, la puissance économique ou encore le jeu des alliances », interpelle t-elle.

S’agissant de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Judith Suminwa a réaffirmé la position de Kinshasa, dénonçant une guerre d’agression attribuée au Rwanda sous couvert de l’AFC/M23. Elle a appelé à l’exécution des décisions déjà adoptées par le Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773, ainsi qu’au respect des engagements pris dans le cadre des processus de Washington, de Doha et de la feuille de route de l’Union africaine.

« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », réclame t-elle.

La Première ministre a également plaidé pour une réforme de l’ONU qui accorde une place plus importante à l’Afrique, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte. Elle a souligné la nécessité d’adapter la gouvernance mondiale aux transformations actuelles, notamment dans les domaines du numérique, du climat, de la transition énergétique et de l’intelligence artificielle.

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Sur le plan économique, la cheffe du Gouvernement a défendu une transformation locale accrue des ressources minières congolaises. Elle a annoncé la proposition d’un cadre mondial destiné à garantir des chaînes de valeur des minerais critiques plus justes, traçables et résilientes, en partenariat avec l’Union africaine et sous l’égide des Nations Unies.

« Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale ; nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain », déclare Judith Suminwa.

Son intervention a également abordé les enjeux de santé, la lutte contre Ebola, la protection du bassin du Congo et le financement du développement. La RDC estime à plus de 70 milliards de dollars ses besoins pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

À travers ce discours, Judith Suminwa a réaffirmé la volonté de la RDC de contribuer à la transformation du système des Nations Unies, tout en défendant sa souveraineté, ses intérêts économiques et une application plus cohérente du droit international.

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