Conférence des gouverneurs : De Kolwezi 2025 à Bandundu 2026, entre promesses et urgence d’agir
La 12ᵉ Conférence des gouverneurs de la République démocratique du Congo tenue en Juin 2025 à Kolwezi avait marqué un tournant en plaçant la santé au cœur des priorités provinciales. Face aux défis sanitaires persistants, les gouverneurs avaient alors recommandé l’allocation de 15 % des budgets provinciaux à la santé, avec en ligne de mire la mise en œuvre effective de la Couverture Santé Universelle (CSU).
Parmi les engagements clés figuraient également le recours à des mécanismes de financement innovants, la mobilisation accrue des ressources locales, ainsi que le soutien à l’initiative présidentielle visant l’élimination du VIH/Sida chez les enfants d’ici 2030.
Sur le plan institutionnel, les participants avaient insisté sur la nécessité de mettre fin aux ingérences politiques dans la gestion des provinces, de renforcer la gouvernance financière et d’assurer la régularité du paiement des députés provinciaux, afin de prévenir les crises au sein des assemblées. L’opérationnalisation de la Caisse nationale de péréquation figurait aussi parmi les priorités pour réduire les disparités entre provinces.
Mais au-delà des résolutions, un constat s’était imposé avec acuité : la faible mise en œuvre des recommandations issues des précédentes conférences. Un aveu qui traduisait les difficultés structurelles auxquelles font face les provinces, entre contraintes budgétaires, gouvernance fragile et lenteurs administratives.
Ce décalage entre les engagements et leur application reste, à ce jour, l’un des principaux défis du processus de décentralisation en RDC.
Aujourd’hui, un an plus tard, alors que s’ouvre la nouvelle Conférence des gouverneurs en ce mois de mars 2026, les attentes sont désormais plus élevées. Plus qu’un cadre de recommandations, cette nouvelle session apparaît comme un test de crédibilité pour les autorités provinciales et nationales.
La question centrale n’est plus seulement de définir des priorités, mais bien de mesurer le niveau d’exécution des engagements pris à Kolwezi. Où en est l’allocation des 15 % à la santé ? Quels progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre de la CSU ? La Caisse de péréquation est-elle enfin opérationnelle ?
Autant d’interrogations qui s’imposent dans un contexte où les défis sanitaires et socio-économiques demeurent pressants.
La conférence de 2026 intervient également dans un environnement marqué par de nouvelles urgences, notamment sanitaires et sécuritaires, qui mettent à l’épreuve la capacité des provinces à répondre efficacement aux besoins des populations.
Dans ce contexte, la santé reste plus que jamais un indicateur clé de la gouvernance publique. Mais sa prise en charge effective dépendra de décisions concrètes, au-delà des engagements de principe.
Ainsi, de Kolwezi 2025 à la conférence de 2026, le défi reste le même : transformer les résolutions en actions tangibles. Car pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse désormais les annonces.
Il s’agit de restaurer la confiance dans l’action publique, en démontrant que les grandes orientations adoptées lors des conférences des gouverneurs peuvent réellement se traduire en améliorations concrètes pour les populations.
Nadège Kamulangu
