World Ebony Network Festival : aux États-Unis, la Reine de Dungu Oshiye (Maniema), Sultani Falanga Sula Pene Nyundu, défend les valeurs traditionnelles africaines autour de la dot
La République démocratique du Congo a été valablement représentée ce samedi 13 juin 2026 à Jessup, dans l’État du Maryland aux États-Unis, à l’occasion de la 7ᵉ édition du World Ebony Network Ethnic Folklore Festival (WENEF), un rendez-vous international dédié à la valorisation des cultures africaines et du leadership traditionnel.
Parmi les figures mises à l’honneur lors de cette rencontre culturelle et intellectuelle figurait Sa Majesté Royale Falanga Sula Pene Nyundu, Reine de Dungu Oshiye, dans le territoire de Kibombo, province du Maniema. Invitée comme conférencière principale de la table ronde n°2 organisée dans le cadre du segment Global Chiefs for Change, elle est intervenue autour du thème : « Who Pays the Bride Price ? », « Qui paie la dot ? ».
Une réflexion sur les réalités modernes de la dot africaine
À travers cette intervention, l’autorité coutumière congolaise a pris part à une réflexion portant sur les dimensions culturelles, sociales et économiques de la dot dans les sociétés africaines contemporaines. Dans son exposé, Sa Majesté a notamment rappelé que la dot « n’a jamais été destinée à être une obligation financière fixe ou excessive », mais plutôt « une expression symbolique de respect, de gratitude et d’union entre deux familles ». Elle a également alerté sur les dérives observées dans certaines communautés où les exigences financières deviennent, selon elle, « un fardeau » pour de nombreux jeunes couples.
La Reine Falanga Sula Pene Nyundu a particulièrement insisté sur les difficultés auxquelles font face plusieurs jeunes Africains de la diaspora, souvent partagés entre le respect des traditions et les réalités économiques modernes.
« Beaucoup sont psychologiquement prêts à fonder une famille mais financièrement limités par des attentes liées au mariage de plus en plus exigeantes », a-t-elle souligné devant l’assistance.
Évoquant certaines réalités observées au sein des communautés africaines vivant aux États-Unis, Sa Majesté a fait savoir que des demandes de dot atteignent parfois des montants particulièrement élevés, allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars, accompagnés de longues listes de biens matériels. Une évolution qui, selon elle, risque d’éloigner cette pratique de son sens originel fondé sur le respect mutuel et la cohésion familiale.
Un plaidoyer pour la préservation des valeurs culturelles africaines
La Sultani de Dungu Oshiye a également plaidé pour une approche « raisonnable, accessible et symbolique » de la dot afin de préserver l’héritage culturel africain sans imposer une pression excessive à la jeunesse. Elle estime qu’un retour aux valeurs de modération, d’unité familiale et d’équilibre culturel demeure essentiel pour encourager des foyers stables et garantir la transmission harmonieuse des traditions africaines aux générations futures.

Dans leur communication officielle, les organisateurs du World Ebony Network ont salué la présence de la Reine Falanga Sula Pene Nyundu qu’ils présentent comme une personnalité engagée dans le rassemblement communautaire, la promotion culturelle ainsi que le développement social et économique. En sa qualité de conseillère royale du WEN, elle a été comptée parmi les principales voix africaines invitées à cette édition 2026 du festival.
Organisé sous le thème du leadership traditionnel au service du changement, le Global Chiefs for Change Segment a réuni plusieurs chefs coutumiers, leaders communautaires, personnalités religieuses et acteurs de transformation venus de différents horizons. Les activités ont été marquées par des sessions de dialogue, des cérémonies de reconnaissance honorifique ainsi qu’un gala célébrant des figures engagées dans l’impact communautaire et la promotion des identités culturelles africaines.
À travers cette participation remarquée, la Reine de Dungu Oshiye Falanga Sula Pene Nyundu a une nouvelle fois porté l’image de la RDC et du Maniema sur la scène internationale, dans un cadre d’échanges consacré à la sauvegarde des traditions africaines et au rôle des autorités coutumières dans la cohésion sociale.
