Décès de Tshaka Kongo : « je garderai à jamais en souvenir, le courage, la bonne volonté, l’humilité, la témérité, surtout et parfois le bénévolat de « Monsieur Artistes en danger »»[ Catherine Kathungu ]

Et puisque toutes les belles choses ont une fin, la République démocratique du Congo pleure la disparition du président de l’association Artiste en Danger, Tsaka Kongo.

C’est après quelques heures de l’annonce officielle du décès de ce grand artiste congolais ayant lutté pour la cause des artistes et de l’art congolais que la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Catherine Kathungu Furaha a rendu à Tshaka Kongo un vibrant hommage suivi d’un témoignage poignant qui fait ressasser sur la bonne personne qu’était l’illustre disparu.

« Moi, comme Ministre de la Culture, Arts et Patrimoines, j’ai été suprise dès le premier trimestre de mon mandat, de recevoir un homme qui défendait les artistes et les infrastructures culturelles sans parler, d’abord, de lui-même.

La première fois, Monsieur Tsaka Kongo est venu me demander de proteger la place des artistes. Ensuite, il est venu plaider pour papa Petit Pierre afin de l’honnorer un 30 Juin.Il a plaidé pour papa Jeannot Bombega afin que sa photo soit placée à l’exposition universelle de Dubaî.

Tsaka Kongo m’appelait parfois tard la nuit pour defendre la cause d’un artiste. Il m’avait encore une fois alerté sur le décès de la comedienne maman Shako et nous avions organisé ses obsèques.

Plus tard, il a plaidé pour l’intemporalité de Grand Kallé, la maladie de maman Vongaye et nous sommes allés, lui et moi au chevet de la maman de la Rumba dont j’ai inscrit sa chanson Ndota sur la liste de l’intemporalité.

Mais, le plus frappant, je garderai à jamais en souvenir, le courage, la bonne volonté, l’humilité, la témérité, surtout et parfois le bénévolat de « Monsieur Artistes en danger ».

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Il est le seul qui a donné les premiers éléments culturels à déposer au musée de la Rumba, l’ancienne résidence de feu Papa Wemba. Quand je l’ai inauguré il a apporté les baguettes de l’un des premiers batteurs (drumeurs) de la Rumba des années 60 Fracasseur et la casquette du comedien caporal Murumba.

Edmond Landu dit Tsaka Kongo doit être imité dans sa défense des artistes. Il est, certes irremplacable en son genre. Le Ministère de la Culture, Arts et Patrimoines vient de perdre un ami de tout mon cabinet qui passait deux à trois fois par semaine avec un communiqué de défense des autres, sans parler de sa propre personne. Il était exceptionnel et rare dans notre milieu culturel.

Mon témoignage est aussi un enseignement pour nous tous, de continuer son oeuvre. Que l’asbl Artistes en danger ne tombe jamais.

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