DOSSIER 002 : Accord de Washington – Ce que nous devons comprendre, défendre et expliquer[Par Jean Thierry Monsenepwo]

  1. LE PASSIF HISTORIQUE AVEC LE RWANDA.

Inquiétude :
Comment peut-on signer un accord avec un pays qui a tué nos enfants, pillé nos richesses, et soutient encore des groupes armés comme le M23 ? C’est une insulte à notre mémoire collective.”

Réponse:
Reconnaître le passé, mais ne pas être prisonnier de lui.
Cet accord n’efface pas les crimes. Il n’est ni une absolution ni une amnistie. Il est un cadre politique pour poser enfin des actes contraignants : cessation du soutien aux groupes armés, mécanisme de surveillance, engagement bilatéral sous regard international.
C’est un outil de pression légale et diplomatique : le Rwanda est désormais engagé sur papier, devant les États-Unis. Cela offre une base de plaidoyer et de sanctions s’il récidive.
La RDC ne pactise pas, elle formalise la fin de la prédation et convertit la douleur en levier diplomatique.

  1. LES MINERAIS : LA PEUR DU PILLAGE LÉGALISÉ.

Inquiétude :
La mention de coopération sur la traçabilité des minerais, c’est une façon déguisée d’associer le Rwanda à nos ressources. Il s’agit d’une vente du pays.”

Réponse:
Pas de co-gestion, mais un verrou anti-contrebande.
La RDC n’a jamais cédé la souveraineté sur ses ressources. L’accord vise à fermer les circuits de contrebande par où nos minerais partent illégalement via les pays voisins.
Grâce à une traçabilité renforcée et des certificats d’origine numériques, le Rwanda ne pourra plus exporter frauduleusement des ressources issues de la RDC.
Au contraire, cet accord permet à la RDC d’avoir un droit de regard sur les exportations rwandaises suspectes, dans un cadre juridiquement encadré.
C’est un outil de reprise du contrôle, pas une concession.

  1. LES BARRAGES ET L’ÉNERGIE : LA PEUR DE LA PERTE DE SOUVERAINETÉ

Inquiétude :
Parler d’interconnexion énergétique avec le Rwanda, c’est ouvrir la porte à la perte de notre souveraineté sur Inga et autres projets vitaux.”

Lire aussi  RDC : « Le Peuple ne nous pardonnera pas l’inertie ou les querelles internes qui pourraient entraver le progrès » lettre ouverte de T. Monsenepwo aux Députés Nationaux

Réponse :
L’énergie n’est pas une faiblesse, mais un levier d’influence.
L’interconnexion énergétique ne signifie pas co-gestion, mais vente ou échange encadré d’électricité entre États souverains.
La RDC, avec son potentiel hydroélectrique (Inga, Ruzizi, Katende), peut devenir un hub régional. Fournir de l’énergie au Rwanda, c’est le rendre dépendant de nous, non l’inverse.
Cela renforce notre soft power énergétique, crée des revenus pour l’État congolais, et positionne la RDC comme acteur incontournable dans la transition énergétique régionale.
Nous ne perdons rien, nous gagnons du poids.

  1. L’OPACITÉ DE LA DÉMARCHE.

Inquiétude :
Le peuple n’a pas été consulté. L’accord a été signé loin de nous, à Washington, comme si le Congo était un territoire sous tutelle.”

Réponse :
La diplomatie se fait parfois dans la discrétion, mais la reddition de comptes est en route.
L’urgence du contexte sécuritaire exigeait une initiative rapide, sous médiation internationale. Cela ne remplace pas les institutions nationales, mais permet d’obtenir un cessez-le-feu diplomatique en attendant la suite politique.
L’accord n’a pas de valeur contraignante sans ratification. Le Parlement congolais reste le lieu souverain du débat et de l’approbation finale.
Le gouvernement doit désormais ouvrir le dialogue, expliquer, rassurer. La souveraineté n’est pas affaiblie, elle est encadrée.

  1. LE PESSIMISME LIÉ AUX ÉCHECS PASSÉS.

Inquiétude:
Tous les accords avec le Rwanda ont échoué. Pourquoi celui-ci serait différent ? On connaît la duplicité du régime de Kigali.”

Réponse:
Chaque accord échoué crée l’opportunité d’un accord mieux structuré.
Cette fois-ci, la différence majeure, c’est l’implication directe des États-Unis comme garant et arbitre. Washington s’engage à évaluer, suivre, et agir en cas de non-respect.
Ce n’est pas un accord d’intention creux, mais un instrument diplomatique placé sous surveillance d’une puissance mondiale.
Par ailleurs, la RDC est militairement plus résiliente, diplomatiquement plus crédible, et économiquement plus attractive qu’en 2012.
Nous ne sommes plus le même pays. Et nous ne parlons plus au Rwanda de la même façon.

  1. Note importante :
    Contrairement aux craintes exprimées, l’accord signé à Washington n’est qu’un acte de principe, une déclaration d’intention politique. Il ne s’agit pas d’un engagement définitif sans retour. À partir du 2 mai, les discussions formelles démarrent, avec l’élaboration du texte complet devant être soumis au Parlement. À aucun moment, le gouvernement n’a écarté la représentation nationale ; au contraire, il entend l’associer pleinement au processus, conformément aux règles de souveraineté.

Ce qui distingue cet accord des tentatives passées, c’est la profondeur de son traitement. Il ne s’agit plus de colmatage diplomatique ou de promesses creuses, mais d’un cadre structuré, monitoré, pour rompre définitivement avec la logique cyclique de crise entre la RDC et le Rwanda. C’est une approche réaliste, progressive et surtout contrôlée.

CONCLUSION GÉNÉRALE :

Ce dossier n’est ni une victoire immédiate ni une capitulation. Il s’agit d’un outil stratégique, à manier avec vigilance, mais aussi avec fierté mesurée.

Notre patriotisme exige d’être lucide sur les risques, mais également stratèges sur les opportunités.

Ce que Félix Tshisekedi a fait à Washington, ce n’est pas vendre le pays. C’est tenter de transformer l’agression en levier diplomatique, et l’hostilité en rapport de force encadré.

Jean Thierry Monsenepwo
Communicateur Union sacrée .

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