« État de la Nation 2025 : Félix Tshisekedi, le temps de la souveraineté assumée »[79e Tribune de l’Ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo]

Il y a des discours qui rassurent, d’autres qui séduisent. Et puis il y a ceux qui marquent un moment historique.
Le discours du Chef de l’État sur l’état de la Nation, prononcé ce 4 décembre 2025 devant le Parlement réuni en Congrès, appartient indiscutablement à cette dernière catégorie.

Dans un contexte d’agression armée, de bouleversements géopolitiques mondiaux et de défis structurels internes majeurs, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a pas livré un simple exercice constitutionnel. Il a posé un acte de vérité, de responsabilité et de souveraineté.

  1. 2025 : l’année de la vérité stratégique.

Dès l’entame, le Chef de l’État situe l’année 2025 là où elle doit être placée dans l’histoire nationale : non comme une parenthèse tragique, mais comme un moment de clarification stratégique.
À l’Est, la guerre n’est plus déguisée. Elle est désormais nommée pour ce qu’elle est : une agression par procuration visant la souveraineté de la RDC et le contrôle de ses minerais critiques.

En qualifiant explicitement les actions du Rwanda et de ses supplétifs de guerre d’agression, Félix Tshisekedi rompt avec des décennies d’ambiguïté diplomatique. Il inscrit la résistance congolaise dans le champ du droit international, appuyée désormais par des résolutions onusiennes claires, au premier rang desquelles la résolution 2773 du Conseil de sécurité.

  1. De la plainte à la puissance diplomatique

Ce qui frappe dans ce discours, c’est la transformation du rôle international de la RDC.
La République ne plaide plus seulement sa cause. Elle pèse, décide et influence.

Élection au Conseil de sécurité des Nations Unies, retour au Conseil des droits de l’homme, vice-présidence de l’Assemblée générale de l’ONU, présidence de la CIRGL : jamais la voix de la RDC n’a été aussi écoutée.

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Les Accords de Washington et de Doha, adossés à une architecture juridique internationale, ne constituent ni une capitulation ni une concession de souveraineté. Ils sont des outils stratégiques, assumés comme tels, pour imposer le retrait des forces étrangères, démanteler les groupes armés et rétablir l’autorité de l’État.

Le Président le dit sans détour : il n’y aura ni amnistie morale, ni oubli des crimes, ni marchandage de la dignité nationale. La paix recherchée est juste, vérifiable et conditionnée au respect strict de la souveraineté congolaise.

  1. L’État qui tient : sécurité intérieure et autorité retrouvée.

À l’intérieur, l’État se remet debout.
Face au banditisme urbain, l’opération Ndobo, la réforme policière 2026-2030, le recrutement massif de policiers et l’ancrage d’une gouvernance sécuritaire de proximité traduisent une doctrine claire : la sécurité n’est pas négociable.

La même fermeté guide la réforme des forces armées, la professionnalisation du commandement, l’amélioration de la condition du soldat et la tolérance zéro vis-à-vis des abus. La République protège ses civils sans jamais renoncer à l’éthique de l’État de droit.

  1. Une économie qui résiste et se transforme.

Alors que beaucoup prédisaient l’asphyxie économique, les chiffres parlent : stabilité du franc congolais, réserves de change solides, croissance soutenue et recettes publiques en hausse.

Mais au-delà des indicateurs, le discours du Chef de l’État met en lumière un choix fondamental : sortir progressivement de la dépendance extractive brute.
Transformation locale des minerais, traçabilité, corridors économiques, Grand Inga, Lobito, port de Banana, agriculture de souveraineté, lutte contre la vie chère : la richesse nationale commence à être arrimée au bien-être collectif.

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Le budget 2026, en nette augmentation, s’inscrit dans cette logique d’investissement stratégique et non de gestion de survie.

  1. Le social comme pilier de la souveraineté.

Peut-être est-ce là l’aspect le plus silencieux, mais le plus révolutionnaire de ce quinquennat : la souveraineté par le social.

Gratuité de l’enseignement consolidée, amélioration du statut des enseignants, modernisation des universités, réforme de la formation professionnelle, Couverture Santé Universelle avec la gratuité des accouchements, investissements hospitaliers majeurs : l’État congolais reprend sa fonction première — protéger la vie et l’avenir.

Un pays ne se défend pas seulement avec des armes. Il se défend avec des écoles qui fonctionnent, des hôpitaux accessibles et une administration digne.

  1. Une doctrine présidentielle claire.

En filigrane, ce discours dessine une doctrine cohérente :
– Souveraineté sans arrogance
– Diplomatie sans naïveté
– Sécurité sans brutalité
– Développement sans exclusion

Félix Tshisekedi assume désormais pleinement une RDC acteur stratégique, pays-solution, puissance de stabilité régionale.

Ce discours n’efface pas les défis. Il ne nie ni les lenteurs, ni les imperfections, ni les urgences. Mais il fixe un cap lisible, mesurable et politiquement assumé.

Ce lundi 8 décembre 2025, le Président de la République n’a pas simplement parlé à la Nation, il a parlé à l’Histoire.

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