Exclusif : « Petite ou Grande Musique », un débat de fond éclairé par Paul Le Perc Ngoie
Le débat autour de la petite et de la grande musique continue d’alimenter les discussions dans les milieux culturels. Derrière cette controverse se cache une interrogation plus profonde sur la valeur artistique, la structure musicale et la finalité de la création à l’ère du divertissement de masse.
Dans ce contexte, Paul Ngoie Kabongo, alias Paul Le Perc, Directeur Général du Centre culturel congolais Le Zoo (CZOO), musicien percussionniste, jazzman et ethnomusicologue, apporte un éclairage qui fait autorité. C’est lui qui indique et assume la répartition des grands courants musicaux aujourd’hui évoqués dans le débat.
Une lecture musicale proposée par Paul Le Perc
Selon Paul Le Perc, en dehors des musiques traditionnelles, expressions culturelles locales transmises oralement, la musique moderne peut être comprise à travers trois grands courants fondamentaux. Cette classification, qu’il souffle dans le débat actuel, permet de dépasser les jugements émotionnels et de revenir à une analyse structurée.
« La musique classique », qu’il qualifie de musique savante occidentale, constitue la base de la musique écrite. Elle a posé les fondations du solfège, de l’harmonie et de la notation musicale. C’est de cette rigueur historique et théorique que découle l’expression « grande musique ».
« Le jazz », autre pilier selon Paul Le Perc, est né dans les communautés afro-américaines. Il a donné naissance à l’orchestre moderne et à la batterie contemporaine. Le jazz se distingue par l’improvisation, la virtuosité et l’expressivité, faisant de chaque interprétation un acte créatif à part entière.
« La musique de variétés », enfin, regroupe les musiques populaires et commerciales destinées au grand public : pop, rumba congolaise, musiques urbaines et variétés internationales. Elle privilégie l’accessibilité, la répétition et le divertissement.
Une comparaison de visions, pas une condamnation
Toujours selon Paul Le Perc, la polémique actuelle ne doit pas être perçue comme une hiérarchisation brutale, mais comme une comparaison de démarches artistiques. Le débat a notamment opposé, dans l’espace public, des artistes issus de la musique populaire à ceux revendiquant une approche plus structurée.
Dans ce cadre, Jean Goubald, souvent cité dans les échanges, demeure un artiste populaire de haut niveau, reconnu pour son franc-parler et sa réflexion musicale. La comparaison ne porte donc pas sur la légitimité d’un artiste, mais sur les logiques de création et les intentions musicales.
Un enjeu culturel et institutionnel
En tant que Directeur Général du Centre culturel congolais Le Zoo, Paul Le Perc inscrit cette réflexion dans une perspective institutionnelle. Pour lui, l’enjeu dépasse les polémiques : il s’agit de réhabiliter l’éducation musicale, de valoriser la diversité des genres et de redonner toute sa place à la connaissance musicale dans l’espace public.
Ainsi, le débat petite ou grande musique, tel que soufflé par Paul Le Perc, apparaît moins comme une querelle que comme un appel à mieux comprendre la musique, ses racines et ses exigences.
