Importation des bières et boissons gazeuses en RDC : mieux vaut surtaxer qu’interdire [Édito]
On en est pas au premier coup, Jean Lucien Bussa a plusieurs fois tenté d’interdire l’importation des bières et boissons gazeuses venant des pays limitrophes de la République Démocratique du Congo, décision qui n’a jamais connu succès suite à la forte demande de la population et à la corruption qui bat son plein en RDC.
Parmi les premières décisions fermes du Gouvernement actuel dirigé par une femme, la Première Ministre Judith Suminwa, la même mesure rebondit avec le nouveau Ministre du Commerce extérieur Julien Paluku qui estime qu’interdire l’importation des bières et boissons gazeuses pourrait encourager la consommation des produits locaux sortis de nos brassicoles.
l’Idee est bonne mais mal décidée !
C’est bien l’idée de booster le commerce local, mais réfléchir sur la production et la disponibilité des produits serait avant-gardiste face à la situation économique de la RDC où la population peine à maîtriser son pouvoir d’achat.
Les entreprises privées qui s’intéressent à la production des boissons alcoolisées ou non alcoolisées sont, pour la plupart, limitées pour desservir les ving-six provinces du territoire national afin de satisfaire à la forte demande des boissons par les cent(100) millions de congolais.
Autre chose, l’Office Congolais de Contrôle (OCC) doit pour sa part également jouer un rôle remarquable vis-à-vis de ses missions régaliennes notamment : le Contrôle de qualité, de quantité, de conformité et de prix de toutes marchandises et produits à l’importation comme à l’exportation.
Surtaxer les produits extérieurs
Considérant l’arreté mintstertel n°52 [cab/ Minetat/ComExt/2018 portant mesures de suspension temporaire d’importation des bières et boissons gazeuses et celui signé le 26 juin par le Julien Paluku, nous remarquons que le Gouvernement peine à imposer cette mesure qui souffre de différents moratoires pour alleger la mesure d’interdiction d’importations des vivres et produits de grande consommation.
Tout en saluant le combat de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) en ce qui concerne la promotion de l’entrepreneuriat et l’industrie congolaise, il est de bon aloi que le développement de l’économie d’un pays se réside dans sa capacité de production interne et de l’exportation de ses produits vers l’étranger.
La solution pour booster la consommation locale serait beaucoup facile si l’État congolais surtaxe les produits (bières et boissons gazeuses) extérieurs à partir de la douane aux frontières et que le l’OCC fasse un bon suivi de l’application des prix des produits sollicités par la population qui en demande.
