Kinshasa : l’Hôtel de ville accorde un moratoire de 45 jours aux motocyclistes “Wewa” pour se conformer à la loi

Les autorités provinciales de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo accordent un moratoire de 45 jours aux motocyclistes communément appelés “Wewa”, pour se mettre en règle concernant tous les documents. Une décision qui se veut à la fois ferme et conciliante, qui suscite déjà interrogations et incertitudes.

Ce moratoire intervient dans le cadre de la relance des opérations d’identification, de numérotation et de taxation des motos. Avec comme objectif premier : assainir un secteur en pleine expansion, souvent pointé du doigt pour son manque d’organisation et les défis sécuritaires qu’il pose.

Pour l’Hôtel de Ville, il s’agit de poser les bases d’un encadrement plus strict, capable de garantir à la fois la traçabilité des engins et une meilleure discipline des conducteurs.

Dans plusieurs coins et recoins de la capitale, de nombreux motards affirment ne pas avoir reçu d’informations claires sur les démarches à suivre. Quels documents fournir ? Où s’enregistrer ? Combien payer ? Autant de questions qui restent sans réponses précises pour une grande partie des concernés.

« On nous demande de nous mettre en ordre, mais on ne sait pas comment », confie un conducteur rencontré à un arrêt improvisé. Comme ce dernier, beaucoup disent vouloir se conformer, tout en dénonçant un manque de communication et de sensibilisation. Une situation qui pourrait fragiliser l’adhésion à la mesure, pourtant essentielle à sa réussite.

Au-delà des contraintes administratives, cette période de 45 jours apparaît comme un test pour les autorités. Réussiront-elles à transformer cette phase de tolérance en véritable levier de réforme ? Ou assistera-t-on, une fois le délai écoulé, à une vague de sanctions dans un climat de confusion ?

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Dans une ville où les taxi-motos sont devenus indispensables au quotidien de millions d’habitants, la régulation du secteur ne peut se faire sans les principaux acteurs. Car au bout des 45 jours, ce n’est pas seulement la conformité des “Wewa” qui sera jugée, mais aussi la capacité de Kinshasa à organiser l’un de ses poumons économiques les plus vitaux.

Nadège Kamulangu

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