Procès Constant Mutamba : Accusations fragilisées, témoins accablants, le ministère public en difficulté !

Le procès opposant le ministre d’État honoraire Constant Mutamba au ministère public a pris une tournure décisive ce mardi 6 août 2025 à la Cour de cassation. Initialement accusé de détournement des deniers publics dans le cadre du projet de construction d’une prison à Kisangani, l’ancien ministre de la Justice semble de plus en plus renforcé par les témoignages en sa faveur, tandis que l’accusation s’essouffle.Parmi les temps forts de l’audience, trois témoins ont livré des déclarations déterminantes :

Christian Kalume, expert de l’ARMP, a clairement mis en cause la Première ministre Judith Suminwa en soulignant une grave défaillance administrative dans la gestion du dossier. Il a affirmé que la Primature n’avait pas suivi les procédures légales après transmission du projet par le ministre Mutamba. Il a d’ailleurs rappelé l’anomalie de confier la direction du cabinet de la cheffe du gouvernement à un ingénieur civil, ce qui est souligné également dans un rapport de Scoop RDC.

Le représentant du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE) a confirmé l’existence légale de la société ZION Construction, au cœur de la polémique, et expliqué que Willy Musheni, poursuivi par le parquet, avait légalement cédé ses parts à Jacques Lutete. Ce qui affaiblit sérieusement la thèse d’un montage frauduleux.

Bolema Kombozi Gérard, chef de division des Garde des Sceaux de la Tshopo, a attesté avoir reçu à deux reprises une délégation venue de Kinshasa dans le cadre du projet de construction de la prison, à 11 km de Kisangani. Il a confirmé l’existence du site prévu pour cette infrastructure.Pendant ce temps, Adler Kisula, avocat général près la Cour de cassation et secrétaire exécutif de la CENAREF, déclencheur de cette affaire, continue de se refugier derrière la loi pour refuser de témoigner, alors que son rôle dans la mise en accusation de Mutamba reste central.Sur le plan judiciaire, l’audience de ce mardi a été secouée par un rebondissement majeur : les juges Justin Kibamba (président de chambre) et Thomas Otshudi, tous deux récusés par la défense, ont décidé de se retirer du dossier. Une nouvelle composition a aussitôt été mise en place, permettant la reprise immédiate de l’audience avec un juge assesseur promu président de la chambre.

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À noter que la Première ministre Judith Suminwa n’était pas citée pour comparaître aujourd’hui . Cependant, lors des précédentes audiences, la défense avait exigé sa présence. C’est dans ce contexte que Madame Suminwa a officiellement demandé à la Cour de la dispenser de comparution, évoquant des « raisons d’État ».

Face à l’accumulation des témoignages accablants pour l’accusation et favorables à Constant Mutamba, de nombreux observateurs évoquent une fragilité préoccupante du dossier du ministère public, allant jusqu’à parler d’une « cabale politique » orchestrée par le trio Kisula – Mvonde – Suminwa, selon les mots mêmes du prévenu.

Dans ce procès, la prochaine audience est fixée au mercredi 13 août 2025, et pourrait marquer le début des plaidoiries. D’ici là, des voix s’élèvent déjà pour demander au parquet de retirer l’avis de recherche lancé contre Willy Musheni, désormais lavé de tout soupçon.

ACTU7.CD

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