« RDC : cesser toute négociation avec l’AFC/M23, une rébellion désormais établie, confirmée par la justice congolaise et les sanctions américaines »[Éric Kamba]
Par Éric Kamba
Géostratège et Analyste politique
Le temps de l’ambiguïté est terminé.
Les événements récents viennent imposer une vérité que certains refusaient encore de regarder en face :
l’Alliance Fleuve Congo (AFC) n’est plus un acteur politique. Elle est désormais une rébellion.
Et face à une rébellion, un État n’a qu’un seul langage crédible :
la fermeté.
Une double confirmation : nationale et internationale
Deux faits majeurs viennent sceller ce basculement :
La condamnation de Joseph Kabila par la justice militaire congolaise
Les sanctions américaines contre Joseph Kabila pour soutien au M23 et à l’AFC
Ce n’est pas anodin.
C’est une convergence.
D’un côté, l’État congolais établit une responsabilité interne.
De l’autre, la première puissance mondiale confirme, preuves à l’appui, une implication dans une dynamique de déstabilisation armée.
Le doute n’est plus permis.
Dialoguer avec une rébellion : une contradiction stratégique
Continuer à discuter avec l’AFC aujourd’hui reviendrait à envoyer un message dangereux :
Qu’en République démocratique du Congo, on peut prendre les armes…
…et être récompensé par une place à la table des négociations.
C’est une erreur stratégique majeure.
Car chaque dialogue mal calibré avec un groupe armé :
affaiblit l’autorité de l’État
encourage la prolifération des rébellions
institutionnalise la violence comme mode d’accès au pouvoir
Un État sérieux ne négocie pas sous la menace.
Il impose le cadre.
La qualification implicite : rébellion à caractère terroriste
Lorsque des groupes :
occupent des territoires
provoquent des déplacements massifs de populations
s’attaquent aux forces nationales
cherchent à renverser un gouvernement légitime
Ils sortent du champ politique.
Ils entrent dans une autre catégorie :
celle des organisations armées déstabilisatrices, assimilables à une menace terroriste.
Dans ce contexte, la question n’est plus : faut-il dialoguer ?
La question devient :
comment restaurer l’autorité de l’État ?
Les sanctions américaines : un tournant géopolitique
La décision des États-Unis ne vise pas seulement un individu.
Elle envoie un message global :
Toute tentative de prise de pouvoir par la violence sera sanctionnée
Les réseaux politico-militaires hybrides sont désormais traqués
La stabilité du Congo est devenue un enjeu stratégique international
Cela renforce la position du gouvernement congolais.
Mais cela crée aussi une obligation :
agir avec cohérence.
On ne peut pas, d’un côté, bénéficier d’un soutien international contre une rébellion…
et de l’autre, continuer à lui accorder une légitimité politique.
Une ligne claire : arrêter toute discussion
La logique est implacable.
Si l’AFC est une rébellion, alors :
elle ne peut plus être considérée comme un interlocuteur politique légitime
elle doit être traitée comme une menace à neutraliser
toute discussion doit être suspendue sans ambiguïté
C’est une question de crédibilité de l’État.
C’est une question de souveraineté.
Le vrai enjeu : restaurer l’autorité de l’État
Au fond, ce débat dépasse l’AFC.
Il pose une question essentielle :
Quel type d’État voulons-nous ?
Un État :
qui négocie avec ceux qui prennent les armes ?
ou
qui protège ses institutions et impose l’ordre républicain ?
La réponse déterminera l’avenir du Congo.
Conclusion : la cohérence ou le chaos
Le moment est décisif.
La condamnation de Kabila et les sanctions américaines ont levé le voile.
Les responsabilités sont désormais établies.
Les lignes sont tracées.
Il reste une seule chose à faire :
agir en cohérence avec cette réalité.
Car dans l’histoire des nations,
les États qui survivent ne sont pas ceux qui hésitent…
mais ceux qui savent, à un moment donné,
mettre fin aux illusions.
Éric Kamba
Géostratège et Analyste politique
