RDC : à son tour, l’opposant Barnabé Milinganyo met en garde contre la révision constitutionnelle
Lors d’un café politique organisé le 10 avril dernier à Kinshasa, autour du thème « Constitution et perspectives du Congo », l’opposant Barnabé Milinganyo, président du parti politique Rassemblement pour le Changement du Congo ( RCC ) a livré une réflexion critique sur la gouvernance constitutionnelle en République démocratique du Congo, insistant sur la nécessité d’appliquer rigoureusement les textes fondamentaux.
D’entrée de jeu, cet analyste politique a rappelé que « c’est l’application de la Constitution qui consacre la maturité d’un peuple », tout en dénonçant la violation de certains articles « Une Constitution dont les règles ne sont pas appliquées ne sert à rien du tout », a-t-il martelé, avant de souligner que la crédibilité des institutions repose sur le respect effectif des lois.
Abordant l’origine de la loi fondamentale congolaise, Barnabé Milinganyo a reconnu que la Constitution actuelle s’inscrit dans une dynamique historique marquée par l’influence extérieure. Selon lui, la RDC aurait largement emprunté à la Constitution française de la 5ème République de 1958. Il a expliqué ce choix par le manque d’expertise locale au lendemain de l’indépendance, à une époque où le pays ne disposait pas encore d’un nombre suffisant d’intellectuels capables de rédiger un texte entièrement original.
Cet analyste politique a également dénoncé ce qu’il considère comme des violations répétées de la Constitution par les dirigeants. Sans citer nommément, il a critiqué ceux qui affirment que « le problème du Congo n’est pas la Constitution mais les hommes », les accusant paradoxalement d’être « champions en violation de la Constitution ». Il a notamment évoqué des cas d’incursions nocturnes dans des domiciles privés, estimant que ces pratiques portent atteinte aux droits fondamentaux garantis par la loi suprême.
Dans cette perspective, il a regretté l’absence d’une véritable culture du respect des textes en RDC. « Nous réclamons l’application des lois alors que nous n’avons même pas la culture du texte », a-t-il déploré, y voyant un problème profond de gouvernance et de gestion publique.
Le président de la formation politique « Rassemblement pour le Changement du Congo », s’est fermement opposé à toute initiative visant à modifier la Constitution dans un objectif politique. Il a mis en garde contre les tentatives de révision qui permettraient, selon lui, de prolonger le maintien au pouvoir des dirigeants actuels. Ce dernier a fait savoir que les deux mandats du Chef de l’État Félix TSHISEKEDI, arrivent à leur terme, selon la Constitution. Il précise qu’ne modification du texte pourrait remettre les compteurs à zéro et ouvrir la voie à une nouvelle candidature.
Dans le même chapitre, il a souligné qu’une telle révision profiterait également aux anciens dirigeants comme Joseph Kabila, qui pourraient à nouveau briguer la magistrature suprême.
À travers cette intervention, Barnabé Milinganyo appelle ainsi à un sursaut collectif en faveur du respect strict de la Constitution, condition essentielle, selon lui, pour garantir la stabilité politique et la crédibilité démocratique du pays.
Nadège Kamulangu
