RDC : « Cette Constitution crée plus de blocages que de stabilité », Donald Kabasele Divuanda, expert minier qui défend les réformes institutionnelles

Invité de l’émission de Jean-Marie Kassamba, Maître Donald Kabasele Divuanda a livré une défense musclée des réformes constitutionnelles envisagées par la majorité au pouvoir, estimant que le fonctionnement actuel des institutions congolaises produit davantage de blocages que de stabilité.

Au cœur des échanges : la possibilité de revoir la Constitution de 2006, le débat autour d’un régime présidentiel, les limites de l’article 220 ainsi que la gouvernance des provinces. Face aux critiques de l’opposition, le cadre de l’UDPS a assumé la position historique de son parti vis-à-vis du texte fondamental adopté après la transition.

« Nous avons toujours considéré que cette Constitution comportait des insuffisances. En 2006, nous avions même boycotté les élections parce que nous estimions que tout était mal engagé. Et nous avions promis que le jour où nous accéderions au pouvoir, nous reviendrions sur ce débat », a-t-il rappelé.

Donald Kabasele a notamment insisté sur les crises institutionnelles vécues sous la coalition FCC-CACH pour justifier la nécessité de repenser le fonctionnement des institutions.

Selon lui, les conflits publics entre le président de la République, le Premier ministre et les présidents des deux chambres ont démontré les limites du système actuel.

« Quelle démocratie veut qu’un président signe une ordonnance et qu’un Premier ministre refuse ? L’équilibre des pouvoirs ne doit pas devenir le désordre », a-t-il lancé, tout en précisant que l’UDPS ne milite pas pour une présidence dictatoriale mais pour « un président élu qui gouverne réellement ».

Comparant le débat congolais au modèle américain, l’avocat congolais a expliqué que le régime présidentiel ne signifie pas automatiquement concentration excessive des pouvoirs. « Nous ne voulons pas de présidentialisme excessif. Nous voulons simplement qu’un président choisi directement par le peuple puisse agir et répondre de ses responsabilités devant la Nation », a-t-il soutenu.

Sur la question sensible des provinces, Donald Kabasele a développé une lecture stricte de l’article 220 de la Constitution. Selon lui, certaines réformes touchant aux compétences des provinces ou au mode de désignation des gouverneurs ne peuvent être réalisées par simple révision constitutionnelle.

« Si vous retirez certaines prérogatives aux provinces ou aux entités territoriales décentralisées, vous touchez aux matières verrouillées par l’article 220. Cela implique qu’il faut ouvrir un débat plus large sur le changement de la Constitution », a-t-il expliqué.

Le cadre de l’UDPS estime également que le système actuel favorise la corruption dans les assemblées provinciales, particulièrement dans les processus d’élection des gouverneurs. D’où, selon lui, la nécessité de réfléchir à d’autres mécanismes de gouvernance territoriale.

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Interrogé sur les rumeurs autour d’une supposée commission secrète déjà chargée de rédiger une nouvelle Constitution, Donald Kabasele a balayé ces accusations, affirmant qu’aucune structure officielle n’avait encore été installée.

« Nous avons une opposition qui n’est pas bien informée. Quand nous étions dans l’opposition, nous étions très informés. Aujourd’hui, certains marchent même contre des choses qui ne sont pas encore décidées », a-t-il ironisé.

Au cours de cette même émission, l’homme politique est aussi revenu sur la polémique née après la reconnaissance accordée par le président de la République à l’artiste Fally Ipupa après ses prestations au Stade de France. Là encore, Donald Kabasele a défendu une logique de reconnaissance nationale.

« Le président n’est ni warrior, ni gaulois. Il est le président de tous les Congolais », a-t-il insisté, estimant qu’un artiste qui fait rayonner le drapeau congolais à l’international mérite les honneurs de la République.

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