Urgent : rentrée parlementaire « incertaine », ce mardi, Blanchard Takatela, président du collectif de députés provinciaux, annonce un boycott total suite à l’insolvabilité des émoluments

À quelques heures de la rentrée parlementaire aux 26 assemblées provinciales de la République démocratique du Congo, les voix s’accordent entre les élus provinciaux qui menacent de boycotter cette rentrée parlementaire de la session budgétaire de Septembre.

Dans une interview exclusive accordée au média en ligne Infos-Expres.com, le Député provincial Blanchard Takatala, président du Collectif de députés provinciaux de toutes les provinces, est revenu sur la situation qui préoccupe ses paires à quelques heures de la rentrée parlementaire prévue ce mardi 30 septembre conformément à la loi.

Découvrons à travers cette interview les contours des réclamations des députés provinciaux en difficulté.

Q1. La rentrée parlementaire arrive demain sous l’insolvabilité des émoluments, qu’est-ce qui bloque l’aboutissement ?

« C’est la session budgétaire comme au niveau de l’Assemblée nationale, mais quant à votre question, je dirai que c’est une rentrée qui est incertaine. Telle que vous êtes en train de le dire là, c’est vraiment une rentrée qui est incertaine car nous ne savons pas si toutes les assemblées vont reprendre demain ou pas, compte tenu de la précarité de la vie sociale des députés provinciaux. Les députés nationaux, pendant les vacances, sont payés, mais nous, depuis le 30 juin jusqu’au jour où je vous parle, les députés provinciaux ne sont pas payés. Ni moins, toutes les assemblées ne sont pas payées, allez-y comprendre, c’est maintenant que le Ministre des Finances vient de proclamer les mois de juin il y a une semaine passée et cela aussi, pas pour toutes les assemblées. À peine cinq ou six assemblées seulement ont eu le mois de juin et, à cela, il a ajouté le mois de juillet. Le mois de juillet aussi, ce ne sont pas toutes les assemblées, c’est au moins une douzaine d’assemblées sur les 26, allez-y comprendre, nous ne savons pas quelle façon de payer les gens, c’est quelle façon de considérer les gens, nous ne savons pas »

Pour une rentrée apaisée, Blanchard Takatala a appelé le gouverneur à décanter la situation des députés provinciaux, qui ont eu à recourir à des dettes pour survivre.

« Nous étions trop sûrs que les deux mois allaient nous être payés pendant qu’on était encore en vacances. Quand je parle alimentaire, enfin, j’ai l’impression de payer les dettes qui nous font vivre. Nous, les députés, pour vivre, vivons sur la base de dettes, et les deux mois, allez-y comprendre, allaient nous permettre de payer les dettes et laisser quelque chose pour nos familles et aussi faire retourner nos enfants à l’école. Nos enfants ne sont jamais retournés à l’école à cause du non-paiement de leurs parents qui sont des députés provinciaux, mais voilà, il signe le mois de juillet, de juin, nous avons tous applaudi, vous avez suivi, on a félicité le gouvernement mais malheureusement ces signatures ne sont pas toujours signalées au niveau de la Banque centrale », dévoile Blanchard Takatela qui porte la cause de ses pairs.

Drôle de façon de payer les honorables députés alors la situation est entrain les mains de Doudou Fwamba qui dit appliquer une gestion orthodoxe des finances publiques.

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Q2. Jusqu’où comptez-vous aller avec vos revendications qui semblent ne pas être prises au premier degré ?

« Les recours auprès du Chef de l’État, nous avons écrit à la Première ministre et nous avons même vu lui-même les ministres des Finances. La situation ne semble pas évoluer. Or, les députés nationaux depuis qu’ils ont repris le 15 septembre ! Je pense qu’ils ont déjà été payés, pendant les vacances ils étaient payés, mais nous, pendant les vacances, ne sommes pas payés, et maintenant nous rencontrons. C’est pourquoi nous disons que c’est une rentrée incertaine. Nous avons encore cette journée de lundi. Nous sommes en train de faire passer nos cris d’alarme. Nous pensons que le gouvernement ou les ministres des Finances vont peut-être cette fois-ci s’occuper de nous en donnant l’ordre à la Banque centrale de libérer les dossiers des mois de juin et juillet pour les députés provinciaux, car ce lundi, nous rentrons déjà. Afin de permettre une rentrée apaisée au niveau des assemblées provinciales. Qu’est-ce que nous comptons faire ? Bon, je ne veux pas dire que nous ne puissions pas retourner demain, car si je refuse, il y aura des assemblées qui vont respecter le mot du président du collectif, mais d’autres ne le respecteront pas, surtout à Tshupo. Ils essaieront de faire tout pour ne pas respecter le mot du Président du collectif et, peut-être, quelques assemblées du Kasai ne respecteront pas, et c’est question de faire voir aux autorités voilà, nous avons repris. C’est pourquoi j’en appelle à la conscience de chaque député, de chaque président de l’assemblée provinciale, de comprendre que la situation est vraiment cruciale. Au lieu d’ouvrir demain, autant mieux faire voir l’autorité que nous ne sommes pas ouverts, puisque si nous ne sommes pas payés. Je pense que ça va nous remettre à notre place. Cela redonnerait notre valeur, et l’autorité pourra nous écouter. Convoquez la plénière mais n’ouvrez pas. À ce moment-là, tout le monde va constater l’impasse au niveau des assemblées provinciales, et l’autorité nationale, si pas le gouvernement, le ministre des Finances pourra, cette fois-là, donner l’ordre à la Banque centrale de libérer d’une manière générale les deux mois qui sont là, le mois de juin et le mois de juillet, pour toutes les assemblées provinciales, d’une manière générale. Et aussi, du faite que nous sommes déjà au mois d’octobre ; c’est le mois de septembre qui est terminé, songer comment aussi engager déjà le mois d’août, ce qui permettra au gouvernement d’arriver presque à la page avec le mois en cours. car si le mois d’août aussi où nous sommes payés et il ne restera que le mois de septembre qui pourra peut-être intervenir au cours du mois prochain, quand nous serons déjà en pleine session. Et aussi, au ministre des Finances, tu nous as toujours promis de payer nos arriérés des mois de mars, d’avril, et de mai de l’année 2024 qu’il essaie quand même respecter sa parole d’honneur, car il a promis plusieurs fois, sans jamais réaliser ».

Un message particulier à la Première ministre et au ministre des Finances

« Maman, vous êtes maman et nous sommes avec vous. Nous avons toujours été avec vous, mais nous vous avons toujours écouté Eexcellence mais c’est peut-être l’acte qui ne suit pas vos paroles. Or, si l’acte suivait les paroles, je ne pense pas que cette situation persisterait ».

Affaire à suivre !

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