Réformes Constitutionnelles : l’Église du Christ au Congo préconise un dialogue national inclusif et apaisé

Les membres du Comité Exécutif National de l’Église du Christ au Congo se sont réunis en la 66º Session Extraordinaire, tenue à la Cathédrale du Premier Centenaire Protestant à Kinshasa, du 04 au 07 juin 2026, sous le thème : « le Règne de Dieu. Un Règne de Paix et d’Unité », vue de statuer sur la situation sanitaire provoquée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola et sur le débat relatif aux réformes constitutionnelles.

D’après le communiqué final de ces assises, l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé pour toute initiative de réforme constitutionnelle a été proposée par l’Église du Christ au Congo (ECC), tout en appelant les acteurs politiques à privilégier le dialogue démocratique et la sagesse.

« L’Église du Christ au Congo estime qu’une initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé, conformément aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution », a indiqué l’institution dans son communiqué final.

À en croire l’ECC, les débats relatifs à une éventuelle réforme constitutionnelle doivent être menés dans un esprit de consensus et de cohésion nationale, afin de prévenir toute polarisation dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et sociaux majeurs.

DECLARATION DE LA 66º SESSION EXTRAORDINAIRE DU COMITE EXECUTIF NATIONAL DE L’ÉGLISE DU CHRIST AU CONGO TENUE À KINSHASA DU 04 AU 07 JUIN 2026

Peuple de Dieu et Chers compatriotes, Nous, Membres du Comité Exécutif National de l’Église du Christ au Congo, réunis en la 66º Session Extraordinaire, tenue à la Cathédrale du Premier Centenaire Protestant à Kinshasa, du 04 au 07 juin 2026, conformément aux dispositions des articles 17,18 et 19 de la Constitution de l’Église du Christ au Congo, telle que révisée et complétée à ce jour, sous le thème : « le Règne de Dieu. Un Règne de Paix et d’Unité » (Luc 17, 21), en vue de statuer sur la situation sanitaire provoquée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola et sur le débat relatif aux réformes constitutionnelles.

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I. Du Contexte

La République Démocratique du Congo traverse en ce moment une crise multiforme sur le plan sécuritaire, sanitaire, humanitaire et politique. Des espaces territoriaux importants des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent sous le contrôle du M23 soutenu par le Rwanda. La province de l’Ituri quant à elle reste exposée aux massacres ignobles perpétrés par les éléments de l’ADF NALU. Cet état des choses aggrave la souffrance et provoque des déplacements massifs des populations civiles de leurs milieux d’origine.

À cela s’ajoute la résurgence d’une nouvelle vague de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans les trois provinces susmentionnées. Le 15 mai 2026, le Ministre de la Santé Publique et Prévoyance sociale a officiellement déclaré l’épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) dite Bundibugyo qui est à son 17º épisode. L’épicentre de cette épidémie demeure la Province de l’Ituri, plus précisément dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia. Cette épidémie s’est étendue aux Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Etant donné qu’il n’existe pas à ce jour un vaccin ou un médicament susceptible d’éradiquer la propagation de cette nouvelle souche, le Gouvernement a fait appel à tous les acteurs engagés dans la riposte pour travailler en synergie de manière à prendre en charge les personnes affectées et freiner l’expansion de cette épidémie. S’agissant des situations sécuritaires, plusieurs efforts sont menés au niveau national par le Gouvernement et au niveau international par les Organisations internationales ainsi que par les partenaires de la RDC.

C’est ici qu’il faut saluer aussi bien les Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les Résolutions de l’Union Africaine et de l’Union Européenne que les Accords de Washington et de Doha. Seulement, l’on constate que la situation sur le terrain n’évolue pas au rythme des attentes collectives pressantes en rapport avec le rétablissement de la paix durable, la réunification du pays, la relance consensuelle du processus démocratique voire le vivre-ensemble pacifique et harmonieux.

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C’est dans ce contexte que s’invite, dans l’opinion publique congolaise, un débat bipolaire sur les réformes à apporter à la Constitution du 18 février 2006.

Les leaders de la majorité au pouvoir, appuyés par quelques leaders religieux et de la société civile, soutiennent l’option de changement de Constitution.

Tandis que les leaders de l’opposition soutenus par certains leaders religieux et de la société civile contestent cette initiative. Dans ces circonstances aussi particulières, plusieurs chrétiens protestants ainsi que des partenaires œcuméniques au niveau national et international se rapprochent de l’église du Christ au Congo pour solliciter son implication dans le cadre de ses Missions Pastorale et Prophétique, conformément aux Saintes Ecritures (2 Corinthiens 5, 18). Car, la manière dont ce débat est perçu dans l’opinion publique et est abordé par certains compatriotes, la façon dont les initiatives de masse se multiplient sur le terrain et les conditions d’occupation de certains territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, montrent qu’il y a risque de sortir du cadre de l’exercice démocratique pour sombrer dans des actes de gravité extrême.

C’est ainsi que le Président National de l’Église du Christ au Congo a convoqué en extraordinaire ce présent Comité Exécutif National aux fins de proposer à la Nation une solution adéquate et objective.

II. De l’action entreprise par le Comité Exécutif National

Au cours de ses travaux, le Comité Exécutif National a opté pour une approche de dialogue démocratique basée sur l’écoute, la tolérance, le discernement et l’analyse objective des opinions des uns et des autres. Une preuve que les Congolais sont capables de se mettre autour de la table et d’ échanger sur les questions d’intérêt national.

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Car, rien ne doit être indigne à la discussion démocratique dans le respect de nos différences, quand il s’agit de l’intérêt supérieur de la Nation.

C’est pourquoi, devant le 2ème Organe de l’Église du Christ au Congo, les leaders de deux tendances ont été invités pour présenter démocratiquement leurs positions respectives. La majorité au pouvoir a été représentée par l’Honorable Professeur André Mbata, Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée ainsi que l’Honorable Augustin Kabuya, Secrétaire Général et Président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi. En revanche, l’opposition a été représentée par Monsieur Martin Fayulu, Président National de l’Ecidé et Monsieur Delly Sesanga, Président de l’Envol, tous deux membres de la C64. Cependant Monsieur Delly Sesanga a été empêché. L’Honorable Professeur Gaspard Ngondankoy a été invité pour présenter sa proposition de Loi sur le référendum qui poursuit la procédure législative à l’Assemblée Nationale.

BLAISE BAYOMBO

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