Affaire armée des clochards : « On a laissé des soldats mal équipés, des camps à l’abandon et des familles de militaires livrées à elles-mêmes »[Jean Thierry Monsenepwo]
Jean Thierry Monsenepwo, membre de la conférence des Présidents de l’Union sacrée de la Nation, est revenu sur les propos du Président de la République concernant l’état de l’armée.
Selon l’ambassadeur Jean Thierry Monsenepwo, les propos du Chef de l’État ont été volontairement déformés par ceux qui ont intérêt à entretenir la confusion.
Il a souligné qu’en 2015, l’armée congolaise disposait du budget le plus faible de la région, estimé à seulement 2 à 3 % du budget national.
« Les propos du Président de la République sur l’état de l’armée ont été volontairement déformés par ceux qui ont intérêt à entretenir la confusion. En 2015, les faits sont clairs : un budget de la défense marginal, autour de 2 à 3 % du budget national, parmi les plus faibles de la région ; des soldes irrégulières ; des militaires sans prise en charge médicale ; des camps délabrés. Ce n’est pas un débat, c’est un constat », a-t-il expliqué.
Pour Jean Thierry Monsenepwo, « l’armée congolaise n’a pas été faible par nature, elle a été affaiblie par des décennies de mauvaise gouvernance et de corruption. On a laissé des soldats mal équipés, des camps à l’abandon et des familles de militaires livrées à elles-mêmes. C’est cette réalité que le Président a décrite, pas la valeur du soldat congolais ».
L’ambassadeur a précisé qu’à partir de 2019, le gouvernement a engagé des réformes majeures dans le secteur de la défense : augmentation significative du budget, assainissement progressif des effectifs, régularisation partielle des soldes, etc. « Tout n’est pas réglé, mais la trajectoire a changé », a-t-il déclaré.
Et de conclure : « On ne reconstruit pas une armée sur le déni. On ne protège pas la Nation en falsifiant l’histoire. La vérité ne fragilise pas la République : elle la met debout ».
Jean Thierry Monsenepwo a tenu à rappeler que les propos du Président ne remettaient nullement en cause la bravoure du soldat congolais, mais visaient à dénoncer un système qui l’a affaibli pendant trop longtemps.
