Donald Trump et la RDC : quand la paix proclamée masque une guerre toujours en cours (Édito)


Les récentes déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre en République démocratique du Congo serait terminée constituent non seulement une erreur factuelle, mais aussi une offense à la souffrance vécue par des millions de Congolais.

En proclamant des victoires diplomatiques à Washington, il élude une réalité incontestable : le conflit dans l’Est de la RDC est toujours vivace, sanglant et déstabilisant.

Depuis le début de 2025, les combats entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et des groupes armés, en particulier le Mouvement du 23 mars (M23), se sont intensifiés. En janvier 2025, le M23 a pris le contrôle de Goma, la capitale du Nord-Kivu, et capturé Bukavu dans le Sud-Kivu, consolidant ainsi son emprise sur des régions stratégiques et riches en ressources.

Les affrontements ont entraîné le déplacement de millions de personnes : plus de sept à huit millions de Congolais restent déplacés à l’intérieur du pays, et près de 780 000 personnes ont fui de nouveau leurs foyers entre novembre 2024 et janvier 2025.

La crise humanitaire s’accompagne de graves violations des droits humains. Des civils ont été contraints de quitter leurs villages sous la menace de groupes armés, et des expulsions forcées ont été documentées. Les attaques contre les populations civiles et l’usage d’armes explosives dans des zones densément peuplées continuent de provoquer des pertes humaines considérables. Ces réalités sont en totale contradiction avec les affirmations selon lesquelles le conflit serait « pratiquement terminé ».

Si des rencontres diplomatiques ont eu lieu à Washington avec la RDC, le Rwanda et d’autres acteurs internationaux, les faits sur le terrain contredisent toute notion de paix effective. Les combats se poursuivent, les populations civiles souffrent toujours et les causes profondes du conflit, rivalités régionales, enjeux liés aux ressources naturelles et fragmentation des groupes armés, n’ont pas disparu.

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La paix ne se décrète pas par des communiqués, elle se construit sur le terrain, dans les villages et auprès des populations affectées.

Le Congo mérite que la vérité soit dite, sans enjolivements ni illusions diplomatiques. Défendre la RDC, c’est reconnaître la complexité de son combat pour la paix, entendre les chiffres, voir les visages et respecter ceux qui continuent de lutter pour un avenir sans fusils.

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