Est de la RDC : Kigali officialise une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23


Le Rwanda a reconnu, pour la première fois de manière explicite, l’existence d’une coordination sécuritaire avec la rébellion de l’AFC/M23, active dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Cette position a été exprimée le 22 janvier à Washington par l’ambassadrice rwandaise aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, lors d’une communication adressée au Congrès américain.

Selon la diplomate rwandaise, cette coordination s’inscrit dans un cadre sécuritaire précis et vise principalement la protection des populations tutsi ainsi que la prévention de menaces transfrontalières liées aux groupes armés, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Kigali affirme que cette coopération ne poursuit aucun objectif politique en RDC et ne remet pas en cause l’indépendance de l’AFC/M23, présenté comme un mouvement congolais.

Dans sa déclaration, l’ambassadrice a cité le retrait récent de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira comme un exemple concret de cette coordination, soulignant qu’il s’agirait d’un acte volontaire destiné à réduire les tensions sur le terrain. Ce retrait est présenté par Kigali comme un signal de désescalade encouragé par les autorités rwandaises.

Le Rwanda précise que cette collaboration est limitée, conditionnelle et exclusivement défensive. Elle serait appelée à prendre fin dès que les conditions de sécurité seront réunies, notamment avec la neutralisation effective des FDLR, considérés par Kigali comme une menace persistante depuis le génocide de 1994.

La position rwandaise s’appuie également sur des références historiques, évoquant les violences armées ayant marqué la région depuis plus de trois décennies et la nécessité, selon Kigali, de maintenir des capacités de prévention face à toute résurgence de groupes qualifiés d’extrémistes.

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Cette reconnaissance officielle intervient dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi que par une mobilisation accrue de la communauté internationale autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Elle relance les débats sur les responsabilités des acteurs régionaux et sur les mécanismes appropriés de gestion des conflits transfrontaliers dans la région des Grands Lacs.

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