« Fin de l’isolement, début de la puissance : ce que cache vraiment l’accord RDC–USA–Rwanda »[Tribune N°60 de Jean Thierry Monsenepwo]

Loin de toute soumission, la République Démocratique du Congo bâtit sa souveraineté par une diplomatie offensive, un partenariat stratégique et une maîtrise de ses ressources.

  1. Introduction.

Depuis la signature de la “Déclaration de principes” entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et les États-Unis, une partie minime de l’opinion publique, souvent manipulée par des groupes extrémistes ou nostalgiques d’anciens schémas de soumission, s’agite et crie au scandale.

Pourtant, derrière les slogans alarmistes se cache une vérité fondamentale : cet accord n’est ni une reddition ni une spoliation.
C’est un outil diplomatique, pensé pour sortir la RDC du piège de l’isolement, sécuriser ses richesses stratégiques et reprendre le contrôle du narratif géopolitique de l’Afrique centrale.

Il est temps d’opposer aux rumeurs un discours clair, structuré et courageux, pour démontrer que la RDC avance non pas sous diktat, mais avec stratégie et détermination.

  1. Développement hydroélectrique commun: un impératif d’intégration régionale maîtrisée.
    La coopération énergétique entre la RDC et ses voisins est un impératif économique et géopolitique.
    Le Congo détient 60% du potentiel hydroélectrique de toute l’Afrique. En allant vers des partenariats avec des pays voisins ou d’autres structures ,sans céder la propriété des barrages ou des fleuves, Kinshasa transforme ses atouts naturels en leviers d’influence régionale.
    Refuser tout partenariat sous prétexte de souveraineté, c’est condamner nos richesses naturelles à l’inutilisation, alors que le monde entier accélère vers l’industrialisation verte.
    Mieux vaut vendre de l’électricité légalement et dignement que perdre du territoire par la guerre.

Cet axe énergétique est également sous contrôle multilatéral, avec financements, audits et garanties internationales, ce qui empêche tout détournement bilatéral en faveur d’un État au détriment de l’autre.

  1. Chaînes d’approvisionnement en minerais : sortir du chaos, entrer dans la légalité mondiale.

L’organisation de chaînes d’approvisionnement « transparentes » pour les minerais est une avancée majeure pour la RDC.
Cela permet de légitimer l’origine congolaise des ressources sur les marchés mondiaux et de faire payer à leur juste prix nos richesses stratégiques.

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Aujourd’hui, une partie importante du coltan ou du lithium est pillée et étiquetée frauduleusement via d’autres pays.
Avec cette traçabilité certifiée, le Congo reprend la propriété de sa richesse dans le circuit international, et peut renégocier les termes de sa vente au lieu de subir le vol déguisé.
Ce système est un bouclier contre la mafia des minerais, pas une trahison.

  1. Implication des investisseurs américains : un choix de sécurité économique et géopolitique.

L’entrée des capitaux américains dans le secteur minier congolais, sous supervision gouvernementale, est un acte stratégique.
Dans un contexte mondial où la Chine contrôle près de 70% des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, diversifier nos partenaires est une nécessité vitale pour protéger notre souveraineté économique.

Les Américains investissent en RDC sous des engagements clairs :
Respect des lois congolaises,
Création d’emplois locaux,
Développement d’infrastructures sociales.

Ce partenariat équilibré permet à la RDC d’éviter la dépendance exclusive à un seul bloc géopolitique, ce qui renforce son autonomie internationale.

  1. Sur la question du M23 et de l’occupation : diplomatie intelligente, pas naïveté.

Signer un accord économique et sécuritaire ne signifie pas fermer les yeux sur les crimes du passé.
Bien au contraire, la RDC a compris que l’affrontement militaire seul ne suffit pas à régler les problèmes structurels dans la région des Grands Lacs.
Il faut imposer la paix par l’intérêt partagé notamment avec les USA. Ce que cette grande puissance via ses firmes avait par des chemins peu orthodoxes, peut être ainsi obtenu officiellement et éviter le recèle.

Le processus de paix de Nairobi, les sanctions contre les commanditaires du M23 par les États-Unis et l’Union européenne, et le renforcement de l’armée congolaise (FARDC) s’inscrivent dans cette stratégie globale.

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La justice et la sécurité restent des objectifs, mais ils seront atteints plus sûrement par une combinaison de pression diplomatique, d’isolement des agresseurs et d’affaiblissement économique de la guerre.

Cet accord est une RDC en marche vers la puissance.
À ceux qui s’agitent et dénoncent une prétendue reddition, nous répondons par la vision claire de l’avenir :
• La souveraineté ne se proclame pas, elle se construit.
• La paix ne se signe pas seulement par les armes, elle se bâtit par la maîtrise des ressources et l’équilibre des forces.
• La prospérité n’est pas un slogan, elle est le fruit d’une stratégie patiente et déterminée.

L’accord signé à Washington, loin d’être un piège, est un pari intelligent sur l’avenir.
Il permet à la RDC d’entrer dans la bataille mondiale pour ses intérêts, avec des outils modernes, des partenaires multiples et une vision de long terme.

  1. Considérations stratégiques.

Les gens doivent savoir que Mieux vaut enfermer l’ennemi dans des engagements écrits que le laisser libre de continuer ses crimes sans surveillance.
Et pour ce qui est de notre richesse hydroélectrique Mieux vaut bâtir et profiter avec supervision que laisser nos richesses dormir sous terre pendant que les gens meurent de faim et de misère.
De ce qui est de nos minerais Aujourd’hui, ils sont pillés sans traçabilité.
Demain, avec l’accord, chaque gramme de coltan, lithium ou or devra être certifié, enregistré et payé officiellement.
Cela signifie plus de transparence, plus de taxes pour la RDC, plus de visibilité sur le marché mondial.
La certification arrête le vol sauvage et impose des règles. Celui qui certifie, paie. Celui qui cache, sera sanctionné.

  1. Du rôle des États Unis dans tout ceci :

Oui, les USA défendent leurs intérêts. Mais pour la première fois, ils sont contraints de garantir la stabilité et de financer la reconstruction.
Ils ne peuvent plus soutenir un Rwanda qui viole les accords sans perdre leur crédibilité mondiale.
La RDC prend l’avantage géopolitique : elle force l’Amérique à assumer son rôle de “parrain” de la paix. Et la force de la stratégie du président Félix Tshisekedi est l’utilisation de la puissance des USA pour sécuriser nos frontières, et non pour rester isolés et faibles.

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Nos compatriotes doivent savoir que L’accord est un levier pour obtenir la justice à moyen terme.

Cet accord n’efface pas les crimes du passé.
Au contraire :

•   *Il ouvre des canaux diplomatiques nouveaux pour réclamer justice.*
•   *Il isole le Rwanda sur la scène internationale si jamais il trahit sa signature.*
•   *Il oblige les acteurs régionaux et internationaux à assumer publiquement leurs responsabilités. On ne construit pas la paix sans poser des jalons diplomatiques solides. Cet accord est une arme pour demain.*

Cet accord RDC–Rwanda–USA n’est pas une soumission.
C’est une prise de contrôle politique, économique et diplomatique sur notre avenir.
Le Congo ne perd rien : il encadre, il surveille, il construit.
Pour une fois, au lieu de se battre seuls contre tous, nous forçons les puissants à assumer la paix sous nos conditions.
Ce n’est que le début d’une reconquête plus large. Restons unis, vigilants, et stratèges

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