Procès Bukanga-Lonzo : Et si enfin, personne n’était au-dessus de la loi ? La vie renseigne que ceux qui crient au complot sont coupables…

Depuis quelques jours, un vacarme politique mal assumé tente de faire dérailler l’un des plus importants procès de l’histoire institutionnelle de la République.

En cause, l’affaire dite Bukanga-Lonzo, dans laquelle l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, ancien sénateur et désormais député national, est poursuivi pour des faits présumés de détournement de fonds publics. La cible de cette agitation : le Président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta, injustement présenté comme acteur d’un complot, alors qu’il ne fait que présider un procès instruit en toute régularité, dans le strict respect de la procédure.

Cette agitation, bruyante mais juridiquement vide, mérite une mise au point. Elle pose une question centrale : la RDC est-elle enfin prête à prouver qu’aucun homme, fût-il ancien Premier ministre, n’est au-dessus de la loi ?

Les faits sont têtus : les immunités ont été levées, le procès est légal.

Lorsque les poursuites ont été engagées, Matata Ponyo siégeait au Sénat. Conformément aux règles constitutionnelles, cette chambre a levé ses immunités parlementaires. Le signal était clair : nul n’est intouchable, même parmi les plus hauts responsables de l’État.

Par la suite, le prévenu est devenu député national. Faut-il pour autant relancer une levée d’immunité ? Non. Ni la Constitution, ni la jurisprudence ne prévoient qu’une immunité levée se reconstitue comme par magie au changement de chambre parlementaire. D’autant plus que le prévenu ne s’est jamais opposé à la procédure, il a comparu librement, a été entendu, et a exercé sa défense sans jamais invoquer un quelconque vice de forme.

Le principe est simple : l’immunité n’est pas une amnistie préventive, encore moins un bouclier à géométrie variable selon le poste qu’on occupe ou les alliances du moment. Elle protège la fonction, pas les abus de gestion. Et elle ne couvre pas les crimes économiques présumés.

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Dieudonné Kamuleta ne fait que son travail : appliquer la loi. Rien que la loi.

Sous la présidence du juge Kamuleta, la Cour constitutionnelle a instruit l’affaire dans la transparence, a clos les débats, et a pris la cause en délibéré. Cela s’appelle l’État de droit. Contester le procès maintenant, c’est tenter de saboter le verdict avant même qu’il ne soit rendu, au mépris des principes élémentaires de justice.

Faut-il rappeler à certains députés frondeurs que leur propre élection a été validée par cette même Cour qu’ils dénoncent aujourd’hui ? Peut-on être l’enfant d’une légalité électorale et le fossoyeur d’une légalité judiciaire, selon que la balance penche pour ou contre soi ? Ce jeu de dupes ne trompe personne.

Un procès structurant : pour la justice, pour le pays, pour l’avenir.

L’affaire Bukanga-Lonzo n’est pas un dossier comme les autres. Elle symbolise une ère nouvelle : celle où les gestionnaires publics doivent rendre des comptes. Elle interpelle toutes les générations politiques : oui, on peut diriger, mais non, on ne peut pas détourner impunément.

Ce procès est une épreuve de vérité. S’il va à son terme, il posera un jalon fondamental : la fin de l’impunité institutionnelle en RDC. Ce n’est pas le juge Kamuleta qu’on juge ici, mais notre capacité collective à accepter que même les plus puissants doivent répondre de leurs actes.

Conclusion : la justice n’est pas à négocier. Elle s’impose.

Ceux qui s’agitent aujourd’hui cherchent à travestir un acte de justice en manœuvre politique. Mais l’histoire retiendra ceci : la République a choisi de ne pas céder. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en indigne, le procès aura lieu, le jugement sera dit, et le droit triomphera.

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Dieudonné Kamuleta n’est pas l’homme d’un camp. Il est l’homme de la Constitution. Et à ce titre, il mérite respect, pas menaces. Car il y a un distinguo à faire entre le juge et la cours.

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