Kinshasa : à Lemba, l’État donne carrière aux petits commerçants n’ayant pas la culture de civisme fiscal (dossier)

Au zénith de la précarité qui sévit la population congolaise dans son ensemble, des initiatives se prennent en vue de pallier à ce problème. La voie choisie par la plupart des habitants de la commune de Lemba-Salongo est celle du secteur informel avec comme activité principale le commerce.

Les activités commerciales informelles connaissent une montée fulgurante dans cette partie de la métropole de la RDC. Il suffit de faire quelques pas pour trouver une buvette, sinon un restaurant bon marché, dans l’entendement kinois « malewa », friperie, etc.

La faim chasse le loup hors de la forêt, dit-on. Eh bien, plusieurs habitants du quartier Salongo se sont ligués pour faire face à la situation économique alarmante que connait la RDC. Du coin de l’arrêt Chez les copains, en passant par l’arrêt de bus Matete, pour aller vers Salongo-nord, moult petits commerces ont investi l’espace public.

Notre équipe rédactionnelle a effectué le déplacement sur le lieu en vue de s’imprégner du contexte, et ce qui en ressort est la résilience, et l’abnégation dont font montre les habitants de la commune de Lemba.

M. Mulundu, tenancier d’une buvette de la place, a confié à notre rédaction :

« Ce commerce me permet principalement de subvenir aux besoins de la famille. C’est depuis 6 ans que j’exerce cette activité. Ce n’est pas toujours si simple de faire face à cette situation de précarité qui sévit dans le pays. Notre seule crainte est de voir combien il n’y a pas de sécurité dans ce secteur. Il n’y a pas d’encadrement dans ce secteur. Au nom de la conjoncture économique du pays, tout le monde s’improvise commerçant sans en connaître les rouages »

La plupart de ces commerçants se sont inspirés de la loi de l’offre et de la demande, à l’instar de Sarah Mayala, vendeuse d’une gargote qui estime que :

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« Les hommes ont quotidiennement besoin de manger, car quelquefois ils sortent de chez eux sans mettre quoi que ce soit sous la dent. Les célibataires qui ne disposent plus de leur temps, ne peuvent recourir qu’à une gargote. Voilà quelques motifs qui nous ont convaincu d’opter pour cette activité. »

Pour José Ntumba, couturier, la mauvaise foi ayant élu domicile dans plusieurs individus, c’est ce qui a conduit certaines gens à se lancer dans les activités libérales.

José Ntumba estime, par ailleurs, que le secteur d’activités commerciales informelles souffre juste de la normalisation. Plusieurs individus se donnent à œuvrer de sa manière, fixer les prix de son gré, sans un soubassement réel du prix sur le marché.

Cette normalisation devrait intervenir au plus vite que possible pour permettre de résorber les impacts négatifs du libertinage dans ce secteur. Pour Henry K., un client rencontré sur place dans une buvette, « Parfois je reviens du service épuisé, et cela me demandera de prendre une boisson bien fraîche, je ne vais pas parcourir une longue distance pour m’en procurer. C’est cette proximité qui nous facilite tant la vie. Cependant, un même produit je peux m’en procurer à des différents prix. Cette légère différenciation de prix nous dérange tant »

Emmanuel M, un client rencontré dans une gargote, relève ceci :« Je mange à ma faim en un coup très réduit. Par conséquent, je ne peux qu’apprécier cela. Et lorsqu’à la maison la nourriture n’est pas encore prête, je peux en attendant recourir à une gargote. »

Cependant, ce qui écœure est que ce libertinage constitue parfois un manque à gagner pour l’État congolais, car certaines gens, bien que quelquefois il y a perception des taxes et des impôts, rien ne rassure réellement qu’ils sont destinés à qui de droit. Il s’avère plus qu’important à l’État congolais de procéder à une règlementation dans ce secteur.

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Ne pas réglementer c’est donner carrière aux petits commerçants n’ayant pas la culture de civisme fiscal, et l’État demeurera le grand perdant.

Shukrani MBILI

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