« La RDC élue au Conseil de sécurité de l’ONU : Une victoire diplomatique et un défi stratégique pour l’Afrique »[Tribune d’Éric Kamba, analyste politique]

Le jeudi 6 juin 2025, la République Démocratique du Congo (RDC) a été élue comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027.

Une élection saluée à travers l’Afrique comme une avancée majeure, tant pour la diplomatie congolaise que pour l’affirmation du continent africain sur la scène internationale. Cette accession intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, notamment en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, où la paix et la sécurité restent gravement menacées.

Une reconnaissance diplomatique internationale

L’élection de la RDC au Conseil de sécurité ne doit pas être perçue comme un simple fait protocolaire. Il s’agit d’un signe fort de reconnaissance internationale à l’égard d’un pays en pleine résilience, confronté à une crise multiforme, mais déterminé à jouer un rôle actif dans la gouvernance mondiale.

Cette victoire diplomatique est le fruit d’un long travail de plaidoyer mené par la diplomatie congolaise, notamment à l’Union africaine, à l’ONU, mais aussi dans les capitales stratégiques du monde.

Un siège africain dans une institution stratégique

Le Conseil de sécurité, organe exécutif des Nations unies chargé de la paix et de la sécurité internationales, est souvent critiqué pour sa structure figée et son manque de représentativité du Sud global. L’élection de la RDC, aux côtés des autres membres non permanents, vient rappeler l’urgence de rééquilibrer les rapports de force au sein de cette instance.

Pour l’Afrique, c’est une victoire symbolique et stratégique. Le continent, souvent relégué au statut d’objet de décisions sécuritaires prises ailleurs, obtient ainsi une voix directe pour faire entendre ses priorités et défendre ses intérêts. La RDC, avec sa position géostratégique et sa réalité sécuritaire complexe, incarne les défis et les espoirs d’une Afrique qui veut cesser d’être spectatrice des décisions globales.

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Une responsabilité historique pour la RDC

Au-delà du prestige, ce siège implique des responsabilités lourdes. La RDC devra faire preuve de leadership, de cohérence et de capacité d’initiative. Elle devra porter, avec courage, les dossiers brûlants qui touchent directement sa propre sécurité, notamment les conflits dans sa région Est, la prolifération des groupes armés, l’ingérence de pays voisins, les violations du droit international humanitaire, et le pillage systématique de ses ressources naturelles.

Ce mandat représente une opportunité sans précédent pour mettre la question de la paix à l’Est de la RDC à l’agenda global, non pas comme un fait divers, mais comme une crise internationale nécessitant une mobilisation à la hauteur de son urgence.

Un test pour la diplomatie africaine

La RDC ne doit pas porter seule cette responsabilité. En étant au Conseil, elle représente l’Afrique entière. Il est donc impératif que les autres États africains l’accompagnent dans une logique de solidarité diplomatique, notamment pour faire avancer les dossiers liés à la réforme du Conseil de sécurité, à la lutte contre l’impunité, et à la souveraineté des peuples africains.

Conclusion : de la visibilité à l’action

L’élection de la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU est un événement historique, mais ce n’est qu’un début. Il ne suffit pas d’occuper un siège : il faut s’en servir avec détermination. La RDC a désormais une voix, une plateforme, un levier. Le monde regarde. L’Afrique espère. Le peuple congolais attend.

Que ce mandat soit celui du réveil diplomatique, de la justice internationale et d’un plaidoyer sans relâche pour la paix.

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Éric Kamba, coordonateur du CADA Asbl

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