RDC : « Joseph Kabila veut effacer l’histoire, mais nous, nous avons de la mémoire »[Jean Thierry Monsenepwo]
Jean Thierry Monsenepwo, acteur politique de la République démocratique du Congo, a animé un point de presse, ce samedi 24 mai à Kinshasa.
Dans son point de presse, Jean Thierry Mosenempwo est revenu sur le discours de Joseph Kabila Kabange à la nation. Selon ce dernier, l’ancien président de la République a parlé non pas pour construire, non pas pour s’excuser, mais pour tenter une ultime manipulation.
« Il est revenu, le visage grave, la voix lente, mais le cœur rempli de duplicité. Il nous a présenté ce qu’il appelle un “pacte citoyen” en 12 points. Mais ne nous y trompons pas. Ce n’est pas un pacte, c’est un piège. Ce n’est pas un programme, c’est une offensive politique déguisée, après l’échec de son plan A : la déstabilisation violente du pays par le M23, l’AFC, le Rwanda et leurs relais internes, avec Corneille Nangaa en chef de file », a-t-il fait savoir.
L’ambassadeur Jean Thierry Mosenempwo a déclaré que Joseph Kabila veut effacer l’histoire, mais eux, ils ont la mémoire.
« Ce que l’ancien président ne dit pas, c’est que les larmes de l’Est ont coulé sous son règne, non pas comme un accident, mais comme le fruit d’un calcul politique froid et cynique.
• Qui a intégré Bosco Ntaganda dans les FARDC malgré sa nationalité rwandaise qu’il a soulevée à la CPI ?
• Qui a fait de Laurent Nkunda un commandant d’armée après les massacres de Kisangani ?
• Qui a permis à Sultani Makenga de redevenir une force militaire grâce à un accord de paix fictif ?
• Qui a permis des atterrissages nocturnes à Rutshuru et Bunagana pour ravitailler les terroristes en armes, en munitions, en hommes et en stratégie ? », a-t-il déclaré.
Jean Thierry Mosenempwo a rappelé que sous la présidence de Joseph Kabila, la RDC a été fragmentée en zones d’influence mafieuses. Des officiers étrangers opéraient au cœur même de notre armée grâce à des mixages, brassages et mélanges alambiqués afin de placer le charançon dans le fruit. Et grâce à cette alchimie, l’Est du Congo est devenu un désert diplomatique et un abattoir silencieux.
Le Cadre de l’Union sacrée de la nation a révélé que Joseph Kabila Kabange a une stratégie en trois temps qui est, entre autres, déstabiliser, diviser et revenir.
Jean Thierry Mosenempwo a soulevé que Joseph Kabila veut prendre le contrôle de Goma, Bukavu et Kisangani pour mettre l’État à genoux en déstabilisant l’armée.
« Le M23 a été renforcé en hommes, en logistique et en financement. Les relais ? Les anciens réseaux du pouvoir kabiliste. Objectif : prendre Goma, Bukavu et aussi Kisangani et le Katanga, semer le chaos, forcer l’État à genoux », a-t-il soulevé.
Jean Thierry Mosenempwo a en outre déclaré que Joseph Kabila mène une guerre psychologique.
Désinformation, démoralisation des troupes. Faire croire à l’échec de l’État, amplifier les défaites, saper la confiance populaire, attiser le séparatisme et le tribalisme. Après l’échec militaire — grâce à la résilience des FARDC et à la diplomatie active du Président Tshisekedi —, Joseph Kabila revient en “sage”. Il appelle au dialogue, au pardon, à un “pacte citoyen”. Mais ce pacte est une tentative de camouflage après la défaite ».
Accusé d’être derrière le mouvement rebelle AFC M23, Joseph Kabila Kabange s’est adressé hier à la nation. Son discours suscite plusieurs réactions.
