Elections 2023 : Le bureau de la CENI en concertation avec les organisations de la société civile

Le Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Denis KADIMA KAZADI, a animé mercredi 15 novembre dernier, le cadre de concertation avec les représentants des organisations de la société civile à la salle de spectacles du Palais du peuple.

Un moment d’échanges auquel ont participé notamment les membres du bureau et de la plénière de la CENI bouclant ainsi la série des cadres de concertation qui ont réuni d’abord en tout début de semaine les candidats Président de la République puis les partis et regroupements politique ainsi que les candidats indépendants, le jour d’après.

Cette occasion a, une fois de plus, permis au numéro un de la Centrale électorale de faire l’état des lieux du processus électoral en fournissant un maximum d’informations à six semaines des scrutins.

Réaffirmant la farouche détermination de l’équipe qu’il conduit à s’acquitter de l’engagement pris d’organiser le mercredi 20 décembre 2023 les élections générales auxquelles s’attend la nation congolaise tout entière.

« Les cadres de concertation constituent des moments d’échanges au cours desquels la CENI donne des informations, en fait un état des lieux du processus électoral. Ils consistent à faire une présentation pour que nous soyons tous au même niveau d’informations par rapport au cadre légal et règlementaire qui régit cette étape du processus électoral. C’est également une bonne occasion pour que nous soyons à l’écoute des parties prenantes que vous êtes en vue de répondre à vos préoccupations. Je vais aborder un certain nombre de points et d’entrée j’évoque la question concernant l’affichage des listes électorales. Les listes électorales provisoires ont été affichées dans les antennes pour que les électeurs aillent vérifier leurs noms pour savoir s’il y a des cas d’omission ou des erreurs. Évidemment il y a eu un malentendu à ce propos parce que nos antennes sont de petite taille, comme une maison individuelle où il faut afficher les listes comportant parfois 500 000 électeurs, voire plus. Faute d’espace, la CENI est allée au-delà en prévoyant un préposé à l’affichage permettant aux gens de consulter les listes qui sont aussi accessibles sur notre site web. A ce sujet on confond un peu la loi sur la question des listes définitives. Celles-ci seront affichées 15 jours avant les scrutins et le jour des élections pour que vous sachiez à quel bureau de vote vous devrez vous adresser. Il y a eu certes un retard car il faut imprimer 44 millions de noms, ce qui est énorme. Là-dessus, nous avons fait l’essentiel et en ce moment les gens sont en train de vérifier. La loi nous autorise à afficher au niveau des antennes et nous pensons que l’idéal aurait été de le faire là où les gens se sont enrôlés. Ce n’est pas ce que la loi nous exige et nous n’avons pas les moyens financiers pour aller dans chaque centre d’inscription pour ce faire. Et il fallait le clarifier et la CENI fait tout cela de bonne foi »

a noté Denis KADIMA KAZADI.

Montrant le côté ardu de la tâche qui a, à certains égards, pris du volume, ce qui n’est nullement une excuse, il a sollicité la solidarité des parties prenantes au processus et la CENI s’applique à faire tout ce qui est possible pour avancer.

« Un autre aspect important de notre travail qui arrive bientôt à son terme, c’est la réception et le traitement des candidatures. Nous avons déjà fini avec les candidats Président de la République, il en est de même des postulants aux législatives (nationales et provinciales) et il reste pour les conseillers communaux. Nous avons voulu que le processus soit réellement inclusif et avons eu parfois à prolonger la durée pour permettre aux partis politiques de remplir leurs dossiers et sillonner le pays pour pouvoir soumettre leurs candidatures. Cela n’a pas été facile pour les partis politiques parce qu’il fallait avoir une série de documents et au moins cela leur a donné un avant-goût de nos difficultés journalières. Parce que nous recevons généralement des sermons de la part des partis politiques, du fait que certaines choses ne sont pas faites à temps en ne respectant pas la durée légale de telle chose ou telle autre. Et il y en a qui nous ont même proposé de prolonger cette durée légale. Il faut reconnaître que nous avons un pays très vaste et les infrastructures font aussi défaut. Au moins une chose à retenir si vous faites la sommation concernant notamment le nombre de candidats (sur tous les scrutins en 2018), ils étaient (et là j’arrondis) à 35 000, en 2023 si vous ajoutez les candidats conseillers communaux, nous sommes passés à 100 000 vous constaterez aisément que ce chiffre a triplé. Pour vous faire une idée, un pays tel que les Seychelles a 100 000 habitants et nous en avons autant en termes de candidats. C’est ce qui fait que parfois nous ne sommes pas en mesure de respecter certains délais, ce n’est nullement par mauvaise foi, c’est simplement parce que le volume du travail a augmenté de manière exponentielle, tandis que le personnel demeure le même, le budget n’a pas bougé et le temps est même moins que lors du processus précédent. Nous avons besoin de la solidarité des parties prenantes pour comprendre que nous faisons tout ce qui est possible pour avancer »

a expliqué le Président de la CENI.

Donnant des précisions sur les accréditations.

« L’accréditation des parties prenantes, nous avons publié sur le site web de la CENI les conditions pour être observateur national ou international, mais également être témoin et au niveau des journalistes accrédités, la procédure à suivre, un formulaire étant disponible via cette voie susmentionnée. Pour ce qui est de la logistique électorale, le travail avance. Cette tâche ne s’effectue pas toujours de manière très visible comme serait le dépôt de candidatures. En ce moment, nous sommes en train d’acquérir du matériel et le dispatcher, il y a plein de choses à faire notamment l’acquisition du Dispositif électronique de vote (DEV) et l’impression des bulletins sur lesquels il faut ajouter le code QR, les urnes, les isoloirs, les kits bureautiques. Nous sommes en possession de beaucoup de choses déjà arrivées. De temps en temps, on entend ici et là que la CENI est nulle part avec les machines, on vous parle du report des scrutins. S’il y a report, nous serons les premiers à vous le dire et ce mot-là, rassurez-vous, ne fait pas partie de notre vocabulaire »

a-t-il affirmé.

« En ce moment toutes les provinces du pays sont couvertes en terme de machines. Nous en avons fait fabriquer 26 000 et on peut dire que 75% sont déjà au niveau des antennes et les restants ont été fabriqués et lorsqu’elles nous parviendrons, elles seront reparties à Kinshasa et au Kongo Central, car c’est bien plus facile pour nous de le faire compte tenu de la proximité. Nous sommes en train d’envoyer dans les antennes les équipements complémentaires. Tout n’est pas totalement fait, mais tout est en cours de réalisation. Est-ce que sommes-nous prêts à organiser les élections aujourd’hui ? Non ! Mais nous sommes prêts à organiser les élections le 20 décembre et pour cela nous serons prêts »

a soutenu Denis KADIMA KAZADI.

En sus, le numéro un de la Centrale électorale a abordé les questions en lien avec les recrutements et la formation des agents électoraux. Concernant ce volet, Denis KADIMA KAZADI a souligné qu’à l’heure actuelle, la CENI dispense le niveau 3 de la formation des formateurs.

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Non sans avoir épinglé un sujet qui fait couler autant d’encre que de salive : les cartes dont les écrits s’effacent pour lesquelles la CENI délivre un duplicata. Tout en évoquant pour les condamner certains comportements déviants comme la corruptibilité des gens.

« Une gangrène dans notre société qu’il convient de bannir », a-t-il conseillé relevant qu’en conséquence, certains agents de l’institution en ont fait les frais, car ils ont été sévèrement sanctionnés. Des agissements qui les ont conduits à la révocation.

Le Président de la CENI a conclu son intervention en suggérant à tous d’apprécier les progrès réalisés dans l’évolution des cycles électoraux mettant en avant les remords pour les territoires de Masisi, Rutshuru et Maï-Ndombe pas pris en compte dans le processus. Tout en battant en brèche certaines affirmations mal fondées faisant état des listes de personnes qui seraient non pas élues mais nommées.

« Sachons apprécier les évolutions réalisées durant les cycles électoraux passés dont l’actuelle équipe de la CENI tire la meilleure substance. Nous sommes malheureux pour les cas des trois territoires (Masisi, Rutshuru et Maï-Ndombe) qui ne pas participent à ce processus pour des raisons sécuritaires. Nous y allons la mort dans l’âme et espérons seulement qu’à terme la situation trouvera une solution, car nous tenons vraiment à l’inclusion, à la transparence. Les résultats des élections seront publiés par bureau de vote. Inclusion, transparence et intégrité sont des valeurs auxquelles nous tenons. Personne ne sera nommé car le pays n’a pas besoin de cela. Nous sommes réceptifs à vos suggestions et travaillons la main dans la main. Nous sommes dans la même barque nommée RDC si elle chavire, nous coulons tous et personne ne le souhaite »

a-t-il terminé.

Introduisant ce cadre de concertation, le 2e Vice-Président, Didi MANARA LINGA, a noté que l’approche de l’organisation des élections est une période souvent caractérisée par le doute sur la tenue des scrutins, la diffusion des messages de désinformation sur le travail que fait la CENI et la montée de la tension dans les relations entre le pouvoir en place et les partis de l’opposition.

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L’objectif général de la tenue des cadres de concertation, a-t-il rappelé, est d’accroître la confiance par le renforcement de la transparence et le caractère inclusif du processus électoral afin de mettre les parties prenantes en confiance.

Par la suite, avec une attention soutenue, les participants ont suivi les exposés des experts de la CENI sur des questions bien spécifiques.

Le Directeur de cabinet adjoint en charge des questions juridiques, Dave BANZA, relayé par Eddy KISILE, Directeur juridique, Joseph SENDA, Directeur des opérations ainsi que le Directeur informatique, Yves KOTHA, ont jeté la lumière sur les questions liées au cadre juridique des scrutins, aux opérations de vote et au dépouillement, à la compilation et à la publication provisoire des résultats.

Une démonstration du fonctionnement du Dispositif électronique de vote a été faite avec une simulation d’une opération de vote accompagnée de plus amples explications.

Comme de tradition, il s’en est suivi la partie interactive et Denis KADIMA KAZADI ainsi que les experts de la CENI se sont pliés, de bonne grâce, à cet exercice devenu rituel. Aux préoccupations soulevées, ils ont apporté des réponses précises pour éclairer la lanterne de l’assistance.

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